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@ marie la bareine
Espérons? Eto'o à 2 buts ce soir tu veux parier?
Espérons? Eto'o à 2 buts ce soir tu veux parier?
Merci de patienter...
Espérons que papa Eto'o va profiter pour marquer un but aussi ce soir.
Merci de patienter...
Malaga0 -barça 2 but de giuly
Merci de patienter...
toi aussi Pistachu... à la télé noooon!!!!!!?????
Merci de patienter...
toi aussi Pistachu... à la télé noooon!!!!!!?????
Merci de patienter...
les gars , où est-ce qu´on peut voir le match???
Merci de patienter...
21e minute malaga 0 barça 1 but de oleguer
Merci de patienter...
1 - 0 pour le barça (malaga 0-barça 1, but de Oleguer
Merci de patienter...
@Paradisio (Mont)
merci mon frere a tous ceus ki passe le temps a raconter des betises etoo milla liser plutot c pas un camerounais ki la ecrit oh shame oh a la bande daveugle du toli on compare l`incomparable
@chinois
vraiment merci mon gars tu nous fait rire sur le toli car apres avoir lu des articles negatifs on vient voir si toi et ton poulain n`ont rien s donner bonne chance avec vos deux nenettes elles ont bonnes
merci mon frere a tous ceus ki passe le temps a raconter des betises etoo milla liser plutot c pas un camerounais ki la ecrit oh shame oh a la bande daveugle du toli on compare l`incomparable
@chinois
vraiment merci mon gars tu nous fait rire sur le toli car apres avoir lu des articles negatifs on vient voir si toi et ton poulain n`ont rien s donner bonne chance avec vos deux nenettes elles ont bonnes
Merci de patienter...
@Clément Kamga et @ tous,
lisez plutot, c'est tout simplement édifiant!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Cette article est tiré du site: http://www.black-stars.org/Milla/portrait.htm
Milla, l'Excellence camerounaise
Joueur africain du Siècle, Roger Milla, 51 ans, est aujourd'hui Ambassadeur
du Cameroun.
Aussi bouillant et expansif sur le terrain que calme, ouvert en dehors du
stade, Roger est avant tout un sportif de haut niveau, attaché à ses
racines. Entre victoires et galères.
A Montpellier, du côté du centre d'entraînement de Grammont, le soleil
éclabousse le miroir intérieur du coupé Mégane, qui ramène Roger à la
maison.
Le cheveu est rare sur le crâne lisse du vieux Lion. Température oblige, la
tenue est blanche, légère et sobre. Derrière ses lunettes de soleil, ses
yeux noirs s'illuminent à l'évocation du mot famille, ce dont il est « le
plus fier ».
Sandy (bientôt quatorze ans) et Junior, l'aîné de 19 ans, sont en vacances.
Du coup, toute la famille Milla est à la maison. C'est chic, c'est propre,
c'est neuf. La déco intérieure est signée Evelyne, la maîtresse de maison.
Mais c'est Roger qui reçoit, en musique.
« Roger adore la musique, c'est un mélomane, glisse Evelyne, son épouse. Il
a des chaînes Hi-Fi partout, dans toutes les pièces. Il doit avoir 10000 CD,
et je suis sûr qu'il en a en triple ! ».
Junior sourit, le fiston connaît la chanson. On commence à parler ballon,
évoquer l'avenir, la relève. Père et fils mettent un bémol. Le duo est bien
huilé. « D'abord les études, tranche Roger. Cette année c'est le bac, après
on verra. » Junior avoue que « le nom de Milla est difficile à supporter ».
Dans une autre vie, Milla s'appelait Miller. « Même si mon passeport indique
Miller, je m'appelle Milla. A ma naissance, ils ont du se tromper à l'état
civil dans les papiers. » répond Roger, clairement. C'est l'heure des infos
à la télé. Le vieux Lion s'installe confortablement sur le canapé.
La télé.quelle vitrine pour Milla ! Qui ne se souvient pas d'un Black,
frappé du numéro 9, en train de danser la samba avec le poteau de corner en
Italie (en 1990) et aux Etats-Unis (en 1994) ?
Ces images là ont définitivement assis la popularité d'un très grand joueur,
unique en son genre : un phénomène de longévité sportive. Elles sont aussi
l'aboutissement d'une longue carrière, exemplaire. D'un long voyage en
ballon débuté au Cameroun à l'Eclair de Douala en 1965, en France Ã
Valenciennes en 1977 et achevé en Indonésie en 1996.
Comme tous les Africains, Roger , fils de Mooh Germain et de Ngobo Ruth, né
le 20 mai 1952 à Yaoundé commence à jouer dans la rue avec une « balle »
faite de journaux entourés de lianes. Il ne connaît le roi Pelé que par les
journaux et la radio. Lui vibre aux exploits d'un Hollandais : Johan Cruyff,
« un super créateur », qu'il découvre sous le maillot de la sélection
hollandaise en Afrique.
Son modèle, son inspirateur s'appelle donc Cruyff au moment où Milla marque
ses premiers buts sous le maillot de l'Eclair de Douala et effectue ses «
premiers voyages ». Le taureau joue ensuite aux Léopards de Douala avant de
revenir à Yaoundé, au Tonnerre, où il se révèle complètement.
SI MILLA LE VEUT, MILLA LE PEUT
Son talent franchit les frontières et Roger quitte le pays sur un titre de
meilleur joueur africain. Destination France.
En septembre 77, Roger Milla, Ballon d'or africain de France Football,
débarque à la gare de Valenciennes en boubou. « Je croyais que j'allais
trouver le soleil. » assure-t-il. Les supporters de Valenciennes se sont
cotisés pour qu'il signe dans le Nord et c'est l'Algérien Nouredine Kourichi
qui l'intègre dans la cité minière.
Si la moyenne de spectateurs à Nungesser passe de 3 000 à 15 000, tout n'est
pas rose pour autant. Honteusement logé dans un endroit insalubre, un
une-pièce à proximité de la gare (une maison lui avait été promise), Milla
est payé au lance-pierre. « J'étais un Noir, et les dirigeants en ont
largement profité. (Lapidaire) On m'a manqué de respect. En plus quand je
suis arrivé, j'étais le troisième étranger de l'équipe. Il y avait un
Polonais qui aurait dû partir, mais qui est resté. Du coup, il a fallu qu'on
me fasse une licence amateur pour que je puisse jouer en .3e division ! »
Terrassé par ce climat et par le froid, il demande à Noël aux dirigeants un
billet retour pour rentrer au pays.
Mais un dirigeant lui achète des collants et Roger joue enfin. Et s'éclate.
A l'époque, à Valenciennes, Roger n'est qu'un smicard : il ne touche que 3
000 francs par mois la première saison. « Heureusement, lors de la suivante,
je suis monté à 20 000 francs. » s'empresse-t-il de préciser.
PURETÉ TECHNIQUE
Leader sur le terrain, grande gueule, Milla ne laisse pas indifférent. Sa
pureté technique est éblouissante. Sa technique en mouvement est très
largement au-dessus de la moyenne, ses accélérations sont foudroyantes, sa
force de pénétration et sa puissance athlétique font des ravages au sein des
défenses adverses.Félin, malin, rusé mais pas filou pour un sou, Milla passe
ensuite à Monaco où Roland Courbis le surnomme Milou. Normal, Milla rend les
défenseurs tintin.
Selon Jean Vincent (ancien sélectionneur du Cameroun en 1982) Roger au pays,
« c'est le dieu là -bas, c'est.Platini ! ». Claude Le Roy, ancien
sélectionneur de l'équipe nationale du Cameroun, actuel entraîneur du Racing
Club de Strasbourg, ne tarit pas d'éloges sur le footballeur africain du
siècle : « Physique, félin, puissant, d'une redoutable efficacité, Roger est
un diamant à l'état pur. C'est un joueur qui donne du bonheur à son
entraîneur. C'est aussi un caractériel (parfois casse-c.), un fou. Roger a
la folie des génies. Pour le comprendre, il faut l'aimer, car Roger a besoin
d'être aimé et admiré. »
Joseph-Antoine Bell, un ami d'enfance se souvient : « A Marseille, Gérard
Banide qui avait connu Roger à Monaco me disait souvent à l'entraînement : «
Roger Milla, qu'est-ce qu'il est fort celui-là ! »
Après Valenciennes, Monaco, Bastia, Saint-Etienne, « Patte de velours »
poursuit sa carrière à Montpellier. Partout où il passe, la sanction est
positive. Son club remporte un titre ou accède à la division supérieure.
Montpellier, sa seconde famille, le coup de foudre. « Si en dehors de ma
famille, on me demandait de choisir un parent, ce serait le président
Nicollin sans aucune hésitation. »
« Parfois, Roger, il faut mettre le décodeur pour le comprendre ! Surtout
quand il s'énerve ! » Louis Nicollin, le président du club de football de
Montpellier, l'employeur actuel de Roger Milla est connu pour son
franc-parler.
« Roger, c'est une star, poursuit-il. Je trouve qu'il est aussi, si ce n'est
plus fort que Cantona. C'est un chasseur de buts, un joueur élégant, qui a
beaucoup amené à Montpellier. C'est le gars qu'il nous fallait pour remonter
en première division (ndlr : en 1986). Roger était quelqu'un capable de te
marquer deux ou trois buts par matches, de faire des passes décisives. C'est
un joueur qui m'a fait bander (sic), confie le président. Vous savez, Ã
Montpellier, il fait partie des meubles. » Trois saisons auront suffi Ã
Milla pour laisser dans l'Hérault, une trace indélébile. Insatiable, Roger «
ce garçon spontané et généreux » (Nicollin) ira glaner un titre
supplémentaire à La Réunion. Pour le fun ? Non pour la forme, à 38 ans. « Un
instable qui avait des poussées coléreuses, assure le président. Attention,
Roger, il fallait le gérer. Je me souviens du temps où Mosca, alors
entraîneur, ne voulait pas le faire jouer.
C'était pas simple.Il le laissait rentrer et il nous marquait des buts !
Evidemment, il ne comprenait pas pourquoi il cirait le banc. Alors oui, des
prises de bec il y en a eues. Surtout aux cartes. Parce qu'il voulait
toujours gagner et qu'il n'était pas bon. De temps en temps (il se marre) on
lui trouvait des cartes sur lui. Là ça chambrait. »
Compétiteur, volontaire, Milla serait-il capricieux ?
" LE BOUILLANT KHADAFI "
« Roger est très généreux mais il ne sait pas dire non. C'est un de ses
défauts majeurs, avec son côté naïf. Autrefois, il faisait confiance
aveuglément et ça lui a joué des tours dans sa carrière. »
Evelyne, sa femme, doit certainement garder en mémoire tous ces matches de
gala, ces jubilés auxquels Roger a prêté son nom, son talent sans jamais
rien percevoir en retour. La bonté excessive, la naïveté aveuglante certes.
Mais le plus gros défaut de Roger est ailleurs. Joseph-Antoine Bell, ancien
gardien de but international camerounais de Bordeaux et de Marseille, qui,
gamin, a couché sur la même paillasse que Milla : « Son plus gros défaut,
c'est qu'il râle beaucoup. Il n'a pas de limites là -dedans : il gueule après
l'arbitre, les adversaires, ses partenaires et même les spectateurs ! C'est
dans sa nature.Il râle depuis qu'il est tout petit. » C'est grave docteur ?
« Il n' y a rien à faire, poursuit Bell. Je me souviens d'un match de D2
avec Douala au cours duquel Roger avait pris du sable pour aller le jeter
aux supporters ! Dans ces cas-là , ce sont aux autres de s'adapter. Il faut
le laisser parler, surtout ne pas lui répondre. Parfois c'est dur. Ce qui
est sûr, c'est que l'on ne peut pas jouer avec deux Milla dans une équipe. »
Même son de cloche chez Claude Le Roy, Michel De Zerbi (coéquipier Ã
Bastia), Eric Fabre, Albert Couriol, Noredine Kourichi. Morceaux choisis: «
C'est un volcan. Un lion qui rugit quand il se met en colère, capable de
t'engueuler comme du poisson pourri. D'ailleurs, en sélection on le
surnommait « Milla le bouillant Khadafi ». Quand il gueule, il bégaye. Avec
sa voix sourde et caverneuse, on dirait un vieux tracteur qui ne démarre
pas. Parfois, il était vraiment pénible. »
Sur le terrain, Milla fait l'unanimité. Le rectangle vert est sa terre de
prédilection, son aura en Afrique incommensurable. La preuve.
Ecarté de la sélection pour la Coupe d'Afrique des nations 90 en Algérie (on
le jugeait trop vieux), presque retraité depuis un an dans un club amateur
de la Réunion, la Saint-Pierroise, à 38 ans Milla est plébiscité pour
conduire l'attaque des Lions Indomptables au Mondiale 90 en Italie. Tout le
peuple camerounais demande qu'il rejoigne la sélection. Pourquoi ? parce que
c'est un joueur exceptionnel.
Et Roger de s'incliner devant la vox populi avec plaisir. « J'ai toujours
honoré le maillot national avec fierté » rappelle-t-il.
Quatre buts (deux doublés face à la Roumanie et la Colombie) et un quart de
finale de Coupe du monde historique plus tard, ciao l'Italie.Les primes en
poches (« autour des 45 bâtons comme tous les Lions ») Roger devient chômeur
de luxe mais ne peut s'empêcher de faire quelques piges. Des matches de gala
qui le conduisent à la Réunion à Los Angeles, à Berlin, à Stavanger. Le
tourisme intercontinental du couple se prolonge à Libreville (bains de
foule), à Abidjan, à Venise (remise de trophée), à Barcelone (escale chez
son pote N'Kono), Ã Beverly Hills (balades et shopping). L'album-photos
s'enrichit : Lionel Richie, Magic Johnson font bonnes figures au côté
d'Holifield, Stewie Wonder, Nelson Mandela, James Brown.Milla, l'enfant de
Yaoundé, collectionne les rencontres fort(e)-uites et slalome à présent dans
le milieu du show-biz. Véritable guest-star, il va même jusqu'à casser sa
voix pour un 45 tours dédié à sa fille Sandy, et produit par un Belge (Louis
Piront) qui lui promet une Rolls si le disque se vend à cinq millions
d'exemplaires.Tout lui sourit. Il joue même les prolongations.
International camerounais depuis 1972, il ne tombe le maillot de la
sélection qu'en 1994, après trois Coupes du monde.
« J'ai joué jusqu'à mon dernier souffle, raconte-t-il. Si j'ai poursuivi ma
carrière aussi longtemps, c'est parce que le ballon me rendait heureux et
que j'avais encore des jambes solides. » Des jambes qui lui permettront le
de devenir le plus vieux buteur d'une phase finale de Coupe du monde (il
marque pour le Cameroun à 42 ans un but aux Russes, lors du premier tour de
la World Cup 94) et de se forger une légende intemporelle.
BÉNI PAR LE PAPE
Milla est très croyant, et très crédible. Comme sur le terrain il est
Protestant, et ça lui va bien : « Moi aussi j'aurais pû, le temps de mon
passage en Indonésie*, me convertir au boudisme.Je n'y ai jamais pensé. Je
suis parti du Cameroun noir, je ne suis pas devenu un bounty. La religion,
c'est pareil, c'est quelque chose de sérieux. Je suis protestant et je le
reste.» Et les gri-gris, les marabouts, les sorciers africains ? « Bah, tout
cela est foutaise. Les marabouts ont aussi des enfants, des frères, des
cousins, alors pourquoi ne servent-ils pas leur famille ? » Milla ne jure
que par le Vatican. Rome, août 93, pélerinage. Roger est invité pour la
journée mondiale de la famine. De jeunes prêtres lui proposent à Roger une
visite du Vatican. En seigneur, il accepte et apprend au fil d'une
conversation que le père Mazas, principal du collège de Yaoundé et
accessoirement membre du Tonnerre Handball Féminin (dont Milla est le
président depuis 1977) est à Rome. Les retrouvailles sont imminentes. « Un
matin, on est venu me chercher. Quelqu'un voulait me rencontrer. C'était le
père Mazas qui me dit : « on va te présenter quelqu'un. » Voilà comment
Roger se retrouve assis dans une ant-chambre à attendre.le messie ? Non, le
Pape en personne. Le père Mazas pour les présentations. « Mon père, voici
Roger Milla, vous savez le footballeur qui dansait avec le poteau de corner
à la Coupe du monde en Italie. » Et le Pape le bénit pendant près d'un quart
d'heure. Sorti de l'ascenseur, c'est Mère Térésa de passage dans
l'établissement, qui le reconnaît. « Peu avant, mon épouse et moi nous
étions déplacés en Inde, lui rendre visite dans son fief à Calcuta. »,
précise-t-il. Peu de temps après, Roger met le cap sur l'Indonésie pour y
vivre deux années luxueuses. Il signe en effet à 42 ans son dernier contrat
dans le club de Pelita Jaya. Mais en coulisses, les années le rattrapent, le
fisc aussi.
ALLÔ CHIRAC
Est-ce sa naîveté ? ou une mauvaise gestion ? qui en 1995 le trahissent ?
Toujours est-il que Roger est victime d'un contrôle fiscal. « A Bastia et
Saint-Etienne, sur mon salaire, on me retenait pourtant de l'argent pour
payer les impôts », assure-t-il.
La saisie des biens est imminente, Chirac intervient. L'Elysée demande au
Trésor public de Montpellier un moratoire. La démarche est relayée
localement par le Président du Club de football de la ville, Louis Nicollin.
Les inspecteurs s'inclinent, tout rentre dans l'ordre. Ah, les relations.
Qui donc peut mieux vous en parler que Roger Milla, l'ami fidèle de S.E.
Paul Biya, le Président de la République du Cameroun.
« Toutes mes cartes de visites, les numéros de téléphones, les adresses les
plus importantes sont répertoriées dans un agenda. Tout est soigneusement
rangé dans mon bureau à la maison. »
Un ami le définit ainsi : « Il est l'ami des modestes et connaît les
puissants. Au pays, il a une audience quand il veut. »
A Yaoundé, Milla est « full crédit » partout. S'il s'endort chez un
ministre, le ministre baisse d'un ton pour ne pas le réveiller. En tournée
avec Desailly et les Blacks Stars du président Fabre au Ghana et au Burkina
Faso, en juin 1999, Milla joue pour Desailly le rôle d'Ambassadeur. Les
joueurs ont du retard ? Son excellence Roger « chamboulle » les lignes
intérieures, et retarde le coup d'envoi d'un match de gala au stade du 4
août à Ouagadougou. Résultat : le président du Ghana affrète son boéing
privé !
Assurément, Roger est un monument en Afrique. Eric Fabre : « Mais Roger est
bien plus que cela. Roger est plus connu que le Chef d'Etat du Cameroun.
C'est le Roi du Cameroun sans le titre, un Dieu-vi-vant. »
Frank Simon, journaliste se souvient : « A Soweto en 98, les gens se
prosternaient devant lui. Ce n'est pas une preuve d'amour ça ? »
« Partout où il passe, Roger est reçu en tenue d'apara, précise Albert
Couriol, vice-président des Black Stars. Que cela soit au Mozambique, au
Sénégal, au Burkina, au Bénin, au Ghana, au Togo, au Congo, en
Côte-d'Ivoire, au Mali, on a l'impression que c'est la mer Rouge qui s'ouvre
devant Moïse. Vraiment, Milla est adulé et très respecté en Afrique. »
Et, pour rendre le monument plus grand, en un mercredi de janvier 2000, le
chef d'Etat camerounais a offert un poste gouvernemental à Roger Milla ;
celui d'Ambassadeur itinérant au Président. Malgré tous les avantages dont
Roger bénéficie au pays (Mercerdès, domestiques, chauffeurs.) son excellence
Milla continue de soigner son coupé Renault (celui de sa femme en réalité) Ã
Montpellier, et de passer l'aspirateur jusqu'Ã trois fois par jour . de
pluie.
Le temps n'a pas d'emprise sur Roger. Chez Milla, l'âge est une grâce qu'il
mérite, non un poids qui l'écrase.
Aujourd'hui, Roger est devenu le « vieux sorcier », le « bouillant Khadafi »
est assagi.
Vingt ans après Valenciennes, la vie est plus facile.
OLIVIER SCHWOB
A+
lisez plutot, c'est tout simplement édifiant!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Cette article est tiré du site: http://www.black-stars.org/Milla/portrait.htm
Milla, l'Excellence camerounaise
Joueur africain du Siècle, Roger Milla, 51 ans, est aujourd'hui Ambassadeur
du Cameroun.
Aussi bouillant et expansif sur le terrain que calme, ouvert en dehors du
stade, Roger est avant tout un sportif de haut niveau, attaché à ses
racines. Entre victoires et galères.
A Montpellier, du côté du centre d'entraînement de Grammont, le soleil
éclabousse le miroir intérieur du coupé Mégane, qui ramène Roger à la
maison.
Le cheveu est rare sur le crâne lisse du vieux Lion. Température oblige, la
tenue est blanche, légère et sobre. Derrière ses lunettes de soleil, ses
yeux noirs s'illuminent à l'évocation du mot famille, ce dont il est « le
plus fier ».
Sandy (bientôt quatorze ans) et Junior, l'aîné de 19 ans, sont en vacances.
Du coup, toute la famille Milla est à la maison. C'est chic, c'est propre,
c'est neuf. La déco intérieure est signée Evelyne, la maîtresse de maison.
Mais c'est Roger qui reçoit, en musique.
« Roger adore la musique, c'est un mélomane, glisse Evelyne, son épouse. Il
a des chaînes Hi-Fi partout, dans toutes les pièces. Il doit avoir 10000 CD,
et je suis sûr qu'il en a en triple ! ».
Junior sourit, le fiston connaît la chanson. On commence à parler ballon,
évoquer l'avenir, la relève. Père et fils mettent un bémol. Le duo est bien
huilé. « D'abord les études, tranche Roger. Cette année c'est le bac, après
on verra. » Junior avoue que « le nom de Milla est difficile à supporter ».
Dans une autre vie, Milla s'appelait Miller. « Même si mon passeport indique
Miller, je m'appelle Milla. A ma naissance, ils ont du se tromper à l'état
civil dans les papiers. » répond Roger, clairement. C'est l'heure des infos
à la télé. Le vieux Lion s'installe confortablement sur le canapé.
La télé.quelle vitrine pour Milla ! Qui ne se souvient pas d'un Black,
frappé du numéro 9, en train de danser la samba avec le poteau de corner en
Italie (en 1990) et aux Etats-Unis (en 1994) ?
Ces images là ont définitivement assis la popularité d'un très grand joueur,
unique en son genre : un phénomène de longévité sportive. Elles sont aussi
l'aboutissement d'une longue carrière, exemplaire. D'un long voyage en
ballon débuté au Cameroun à l'Eclair de Douala en 1965, en France Ã
Valenciennes en 1977 et achevé en Indonésie en 1996.
Comme tous les Africains, Roger , fils de Mooh Germain et de Ngobo Ruth, né
le 20 mai 1952 à Yaoundé commence à jouer dans la rue avec une « balle »
faite de journaux entourés de lianes. Il ne connaît le roi Pelé que par les
journaux et la radio. Lui vibre aux exploits d'un Hollandais : Johan Cruyff,
« un super créateur », qu'il découvre sous le maillot de la sélection
hollandaise en Afrique.
Son modèle, son inspirateur s'appelle donc Cruyff au moment où Milla marque
ses premiers buts sous le maillot de l'Eclair de Douala et effectue ses «
premiers voyages ». Le taureau joue ensuite aux Léopards de Douala avant de
revenir à Yaoundé, au Tonnerre, où il se révèle complètement.
SI MILLA LE VEUT, MILLA LE PEUT
Son talent franchit les frontières et Roger quitte le pays sur un titre de
meilleur joueur africain. Destination France.
En septembre 77, Roger Milla, Ballon d'or africain de France Football,
débarque à la gare de Valenciennes en boubou. « Je croyais que j'allais
trouver le soleil. » assure-t-il. Les supporters de Valenciennes se sont
cotisés pour qu'il signe dans le Nord et c'est l'Algérien Nouredine Kourichi
qui l'intègre dans la cité minière.
Si la moyenne de spectateurs à Nungesser passe de 3 000 à 15 000, tout n'est
pas rose pour autant. Honteusement logé dans un endroit insalubre, un
une-pièce à proximité de la gare (une maison lui avait été promise), Milla
est payé au lance-pierre. « J'étais un Noir, et les dirigeants en ont
largement profité. (Lapidaire) On m'a manqué de respect. En plus quand je
suis arrivé, j'étais le troisième étranger de l'équipe. Il y avait un
Polonais qui aurait dû partir, mais qui est resté. Du coup, il a fallu qu'on
me fasse une licence amateur pour que je puisse jouer en .3e division ! »
Terrassé par ce climat et par le froid, il demande à Noël aux dirigeants un
billet retour pour rentrer au pays.
Mais un dirigeant lui achète des collants et Roger joue enfin. Et s'éclate.
A l'époque, à Valenciennes, Roger n'est qu'un smicard : il ne touche que 3
000 francs par mois la première saison. « Heureusement, lors de la suivante,
je suis monté à 20 000 francs. » s'empresse-t-il de préciser.
PURETÉ TECHNIQUE
Leader sur le terrain, grande gueule, Milla ne laisse pas indifférent. Sa
pureté technique est éblouissante. Sa technique en mouvement est très
largement au-dessus de la moyenne, ses accélérations sont foudroyantes, sa
force de pénétration et sa puissance athlétique font des ravages au sein des
défenses adverses.Félin, malin, rusé mais pas filou pour un sou, Milla passe
ensuite à Monaco où Roland Courbis le surnomme Milou. Normal, Milla rend les
défenseurs tintin.
Selon Jean Vincent (ancien sélectionneur du Cameroun en 1982) Roger au pays,
« c'est le dieu là -bas, c'est.Platini ! ». Claude Le Roy, ancien
sélectionneur de l'équipe nationale du Cameroun, actuel entraîneur du Racing
Club de Strasbourg, ne tarit pas d'éloges sur le footballeur africain du
siècle : « Physique, félin, puissant, d'une redoutable efficacité, Roger est
un diamant à l'état pur. C'est un joueur qui donne du bonheur à son
entraîneur. C'est aussi un caractériel (parfois casse-c.), un fou. Roger a
la folie des génies. Pour le comprendre, il faut l'aimer, car Roger a besoin
d'être aimé et admiré. »
Joseph-Antoine Bell, un ami d'enfance se souvient : « A Marseille, Gérard
Banide qui avait connu Roger à Monaco me disait souvent à l'entraînement : «
Roger Milla, qu'est-ce qu'il est fort celui-là ! »
Après Valenciennes, Monaco, Bastia, Saint-Etienne, « Patte de velours »
poursuit sa carrière à Montpellier. Partout où il passe, la sanction est
positive. Son club remporte un titre ou accède à la division supérieure.
Montpellier, sa seconde famille, le coup de foudre. « Si en dehors de ma
famille, on me demandait de choisir un parent, ce serait le président
Nicollin sans aucune hésitation. »
« Parfois, Roger, il faut mettre le décodeur pour le comprendre ! Surtout
quand il s'énerve ! » Louis Nicollin, le président du club de football de
Montpellier, l'employeur actuel de Roger Milla est connu pour son
franc-parler.
« Roger, c'est une star, poursuit-il. Je trouve qu'il est aussi, si ce n'est
plus fort que Cantona. C'est un chasseur de buts, un joueur élégant, qui a
beaucoup amené à Montpellier. C'est le gars qu'il nous fallait pour remonter
en première division (ndlr : en 1986). Roger était quelqu'un capable de te
marquer deux ou trois buts par matches, de faire des passes décisives. C'est
un joueur qui m'a fait bander (sic), confie le président. Vous savez, Ã
Montpellier, il fait partie des meubles. » Trois saisons auront suffi Ã
Milla pour laisser dans l'Hérault, une trace indélébile. Insatiable, Roger «
ce garçon spontané et généreux » (Nicollin) ira glaner un titre
supplémentaire à La Réunion. Pour le fun ? Non pour la forme, à 38 ans. « Un
instable qui avait des poussées coléreuses, assure le président. Attention,
Roger, il fallait le gérer. Je me souviens du temps où Mosca, alors
entraîneur, ne voulait pas le faire jouer.
C'était pas simple.Il le laissait rentrer et il nous marquait des buts !
Evidemment, il ne comprenait pas pourquoi il cirait le banc. Alors oui, des
prises de bec il y en a eues. Surtout aux cartes. Parce qu'il voulait
toujours gagner et qu'il n'était pas bon. De temps en temps (il se marre) on
lui trouvait des cartes sur lui. Là ça chambrait. »
Compétiteur, volontaire, Milla serait-il capricieux ?
" LE BOUILLANT KHADAFI "
« Roger est très généreux mais il ne sait pas dire non. C'est un de ses
défauts majeurs, avec son côté naïf. Autrefois, il faisait confiance
aveuglément et ça lui a joué des tours dans sa carrière. »
Evelyne, sa femme, doit certainement garder en mémoire tous ces matches de
gala, ces jubilés auxquels Roger a prêté son nom, son talent sans jamais
rien percevoir en retour. La bonté excessive, la naïveté aveuglante certes.
Mais le plus gros défaut de Roger est ailleurs. Joseph-Antoine Bell, ancien
gardien de but international camerounais de Bordeaux et de Marseille, qui,
gamin, a couché sur la même paillasse que Milla : « Son plus gros défaut,
c'est qu'il râle beaucoup. Il n'a pas de limites là -dedans : il gueule après
l'arbitre, les adversaires, ses partenaires et même les spectateurs ! C'est
dans sa nature.Il râle depuis qu'il est tout petit. » C'est grave docteur ?
« Il n' y a rien à faire, poursuit Bell. Je me souviens d'un match de D2
avec Douala au cours duquel Roger avait pris du sable pour aller le jeter
aux supporters ! Dans ces cas-là , ce sont aux autres de s'adapter. Il faut
le laisser parler, surtout ne pas lui répondre. Parfois c'est dur. Ce qui
est sûr, c'est que l'on ne peut pas jouer avec deux Milla dans une équipe. »
Même son de cloche chez Claude Le Roy, Michel De Zerbi (coéquipier Ã
Bastia), Eric Fabre, Albert Couriol, Noredine Kourichi. Morceaux choisis: «
C'est un volcan. Un lion qui rugit quand il se met en colère, capable de
t'engueuler comme du poisson pourri. D'ailleurs, en sélection on le
surnommait « Milla le bouillant Khadafi ». Quand il gueule, il bégaye. Avec
sa voix sourde et caverneuse, on dirait un vieux tracteur qui ne démarre
pas. Parfois, il était vraiment pénible. »
Sur le terrain, Milla fait l'unanimité. Le rectangle vert est sa terre de
prédilection, son aura en Afrique incommensurable. La preuve.
Ecarté de la sélection pour la Coupe d'Afrique des nations 90 en Algérie (on
le jugeait trop vieux), presque retraité depuis un an dans un club amateur
de la Réunion, la Saint-Pierroise, à 38 ans Milla est plébiscité pour
conduire l'attaque des Lions Indomptables au Mondiale 90 en Italie. Tout le
peuple camerounais demande qu'il rejoigne la sélection. Pourquoi ? parce que
c'est un joueur exceptionnel.
Et Roger de s'incliner devant la vox populi avec plaisir. « J'ai toujours
honoré le maillot national avec fierté » rappelle-t-il.
Quatre buts (deux doublés face à la Roumanie et la Colombie) et un quart de
finale de Coupe du monde historique plus tard, ciao l'Italie.Les primes en
poches (« autour des 45 bâtons comme tous les Lions ») Roger devient chômeur
de luxe mais ne peut s'empêcher de faire quelques piges. Des matches de gala
qui le conduisent à la Réunion à Los Angeles, à Berlin, à Stavanger. Le
tourisme intercontinental du couple se prolonge à Libreville (bains de
foule), à Abidjan, à Venise (remise de trophée), à Barcelone (escale chez
son pote N'Kono), Ã Beverly Hills (balades et shopping). L'album-photos
s'enrichit : Lionel Richie, Magic Johnson font bonnes figures au côté
d'Holifield, Stewie Wonder, Nelson Mandela, James Brown.Milla, l'enfant de
Yaoundé, collectionne les rencontres fort(e)-uites et slalome à présent dans
le milieu du show-biz. Véritable guest-star, il va même jusqu'à casser sa
voix pour un 45 tours dédié à sa fille Sandy, et produit par un Belge (Louis
Piront) qui lui promet une Rolls si le disque se vend à cinq millions
d'exemplaires.Tout lui sourit. Il joue même les prolongations.
International camerounais depuis 1972, il ne tombe le maillot de la
sélection qu'en 1994, après trois Coupes du monde.
« J'ai joué jusqu'à mon dernier souffle, raconte-t-il. Si j'ai poursuivi ma
carrière aussi longtemps, c'est parce que le ballon me rendait heureux et
que j'avais encore des jambes solides. » Des jambes qui lui permettront le
de devenir le plus vieux buteur d'une phase finale de Coupe du monde (il
marque pour le Cameroun à 42 ans un but aux Russes, lors du premier tour de
la World Cup 94) et de se forger une légende intemporelle.
BÉNI PAR LE PAPE
Milla est très croyant, et très crédible. Comme sur le terrain il est
Protestant, et ça lui va bien : « Moi aussi j'aurais pû, le temps de mon
passage en Indonésie*, me convertir au boudisme.Je n'y ai jamais pensé. Je
suis parti du Cameroun noir, je ne suis pas devenu un bounty. La religion,
c'est pareil, c'est quelque chose de sérieux. Je suis protestant et je le
reste.» Et les gri-gris, les marabouts, les sorciers africains ? « Bah, tout
cela est foutaise. Les marabouts ont aussi des enfants, des frères, des
cousins, alors pourquoi ne servent-ils pas leur famille ? » Milla ne jure
que par le Vatican. Rome, août 93, pélerinage. Roger est invité pour la
journée mondiale de la famine. De jeunes prêtres lui proposent à Roger une
visite du Vatican. En seigneur, il accepte et apprend au fil d'une
conversation que le père Mazas, principal du collège de Yaoundé et
accessoirement membre du Tonnerre Handball Féminin (dont Milla est le
président depuis 1977) est à Rome. Les retrouvailles sont imminentes. « Un
matin, on est venu me chercher. Quelqu'un voulait me rencontrer. C'était le
père Mazas qui me dit : « on va te présenter quelqu'un. » Voilà comment
Roger se retrouve assis dans une ant-chambre à attendre.le messie ? Non, le
Pape en personne. Le père Mazas pour les présentations. « Mon père, voici
Roger Milla, vous savez le footballeur qui dansait avec le poteau de corner
à la Coupe du monde en Italie. » Et le Pape le bénit pendant près d'un quart
d'heure. Sorti de l'ascenseur, c'est Mère Térésa de passage dans
l'établissement, qui le reconnaît. « Peu avant, mon épouse et moi nous
étions déplacés en Inde, lui rendre visite dans son fief à Calcuta. »,
précise-t-il. Peu de temps après, Roger met le cap sur l'Indonésie pour y
vivre deux années luxueuses. Il signe en effet à 42 ans son dernier contrat
dans le club de Pelita Jaya. Mais en coulisses, les années le rattrapent, le
fisc aussi.
ALLÔ CHIRAC
Est-ce sa naîveté ? ou une mauvaise gestion ? qui en 1995 le trahissent ?
Toujours est-il que Roger est victime d'un contrôle fiscal. « A Bastia et
Saint-Etienne, sur mon salaire, on me retenait pourtant de l'argent pour
payer les impôts », assure-t-il.
La saisie des biens est imminente, Chirac intervient. L'Elysée demande au
Trésor public de Montpellier un moratoire. La démarche est relayée
localement par le Président du Club de football de la ville, Louis Nicollin.
Les inspecteurs s'inclinent, tout rentre dans l'ordre. Ah, les relations.
Qui donc peut mieux vous en parler que Roger Milla, l'ami fidèle de S.E.
Paul Biya, le Président de la République du Cameroun.
« Toutes mes cartes de visites, les numéros de téléphones, les adresses les
plus importantes sont répertoriées dans un agenda. Tout est soigneusement
rangé dans mon bureau à la maison. »
Un ami le définit ainsi : « Il est l'ami des modestes et connaît les
puissants. Au pays, il a une audience quand il veut. »
A Yaoundé, Milla est « full crédit » partout. S'il s'endort chez un
ministre, le ministre baisse d'un ton pour ne pas le réveiller. En tournée
avec Desailly et les Blacks Stars du président Fabre au Ghana et au Burkina
Faso, en juin 1999, Milla joue pour Desailly le rôle d'Ambassadeur. Les
joueurs ont du retard ? Son excellence Roger « chamboulle » les lignes
intérieures, et retarde le coup d'envoi d'un match de gala au stade du 4
août à Ouagadougou. Résultat : le président du Ghana affrète son boéing
privé !
Assurément, Roger est un monument en Afrique. Eric Fabre : « Mais Roger est
bien plus que cela. Roger est plus connu que le Chef d'Etat du Cameroun.
C'est le Roi du Cameroun sans le titre, un Dieu-vi-vant. »
Frank Simon, journaliste se souvient : « A Soweto en 98, les gens se
prosternaient devant lui. Ce n'est pas une preuve d'amour ça ? »
« Partout où il passe, Roger est reçu en tenue d'apara, précise Albert
Couriol, vice-président des Black Stars. Que cela soit au Mozambique, au
Sénégal, au Burkina, au Bénin, au Ghana, au Togo, au Congo, en
Côte-d'Ivoire, au Mali, on a l'impression que c'est la mer Rouge qui s'ouvre
devant Moïse. Vraiment, Milla est adulé et très respecté en Afrique. »
Et, pour rendre le monument plus grand, en un mercredi de janvier 2000, le
chef d'Etat camerounais a offert un poste gouvernemental à Roger Milla ;
celui d'Ambassadeur itinérant au Président. Malgré tous les avantages dont
Roger bénéficie au pays (Mercerdès, domestiques, chauffeurs.) son excellence
Milla continue de soigner son coupé Renault (celui de sa femme en réalité) Ã
Montpellier, et de passer l'aspirateur jusqu'Ã trois fois par jour . de
pluie.
Le temps n'a pas d'emprise sur Roger. Chez Milla, l'âge est une grâce qu'il
mérite, non un poids qui l'écrase.
Aujourd'hui, Roger est devenu le « vieux sorcier », le « bouillant Khadafi »
est assagi.
Vingt ans après Valenciennes, la vie est plus facile.
OLIVIER SCHWOB
A+
Merci de patienter...

