C’est au bout d’une quatrième finale et vingt-huit ans d’attente que le rêve s’est enfin réalisé. Les Lionnes Indomptables du Cameroun sont les championnes de la CAN féminine 2026. Elles ont remporté ce dimanche soir leur toutpremier trophée en dominant le Malawi 3-0 au stade Moulay El Hassan de Rabat. Une soirée d’histoire, de larmes et de fierté nationale .
Un premier acte de 45 minutes qui a tout réglé
Il n’aura fallu qu’une seule mi-temps aux joueuses de Valentine Nguele et Dimitri Lipoff pour faire basculer cette finale dans la légende. Portées par un stade acquis à leur cause et par l’envie de briser définitivement la malédiction des finales perdues, les Lionnes ont frappé sec, fort et vite.
Marie Ngah Manga s’est offert un doublé retentissant en première période, ouvrant puis creusant l’écart avant la pause. Naomi Eto viendra sceller le sort de la rencontre. Trois buts, une mi-temps, et la fête a débuté dans les rues des villes du triangle national.
Le second acte n’aura été qu’une formalité, gérée avec sérieux par un milieu et une défense alerte. Et que dire du comportement encore exemplaire de Michaely Bihina impériale devant sa cage, auteure d’arrêts décisifs pour préserver le clean sheet. Cette sélection n’aura concédé que deux buts sur l’ensemble du tournoi.
La fin d’une malédiction vieille de plus de vingt ans
Pour comprendre l’ampleur de cette victoire, il faut remonter le fil de l’histoire. Les Lionnes Indomptables disputaient leur quatrième finale de CAN féminine, après celles de 2004, 2014 et 2016 — toutes perdues, et toutes face au même bourreau : le Nigeria. Cette fois, le Cameroun affrontait un adversaire inédit en finale, et c’est peut-être ce qui a changé la donne. Fini le signe indien, fini le costume de l’éternel dauphin : place enfin au sacre.
Le parcours des Lionnes Indomptables dans ce tournoi restera dans les mémoires. Après avoir dompté le Mali en ouverture (2-1), elles ont renversé le signe indien face au Nigeria en quart de finale. Face au pays organisateur, elles n’ont pas douté pour se qualifier en finale. Puis la finale contre le Malawi aura été d’un tout autre calibre. Pour expliquer en quelques mots, la solidité a été leur marque de fabrique. Trois clean sheets, une défense de fer, et un collectif soudé autour de son sélectionneur.
Le Malawi, belle surprise du tournoi, s’incline
En face, le Malawi vivait un rêve éveillé. Pour leur toute première participation à une CAN féminine, les Flames avaient impressionné tout le tournoi. Portées par les sœurs Temwa et Tabitha Chawinga, auteures à elles seules de neuf des douze buts inscrits par leur sélection, elles sont la meilleure attaque de la compétition. Vainqueures de l’Algérie en demi-finale (3-1), elles rêvaient d’un sacre pour un baptême du feu parfait. Mais en finale, face à une équipe camerounaise trop solide défensivement, le rêve malawite s’est arrêté à la dernière marche.
Monique Ngock, une révélation aux yeux du monde
Impossible de parler de cette édition sans évoquer Monique Ngock, désignée meilleure joueuse du tournoi. La milieu de terrain, tout juste engagée par le club américain du Washington Spirit, a rayonné. Elle incarne à elle seule la nouvelle génération de footballeuses camerounaises qui s’exportent désormais sur la scène internationale.
Ce sacre ouvre également aux Lionnes Indomptables la voie vers une prochaine Coupe du Monde féminine. Et les Lionnes n’y iront pas en victime résignée.
Après trois désillusions, la quatrième tentative aura été la bonne. Le Cameroun est champion d’Afrique, mon frère!












