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Racing Bafoussam, histoires d’un géant

Le Messager

Depuis sa finale perdue en 1978 devant le Canon, le Racing de Bafoussam, alors club de division II, a connu une épopée qui en a fait le “ Tout puissant de l’Ouest ”. Une Kyrielle de joueurs y ont contribué, mais très peu en ont tiré profit. Voyage dans l’univers des anciens joueurs des Rouge et Blanc.

Le 30 juin 2007
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Des carrières professionnelles

Le Racing de Bafoussam est aujourd’hui relégué en division II dans la province de l’Ouest depuis 2006. Pourtant c’est l’équipe de football qui a écrit les plus belles pages du sport roi dans cette province. Pour la plupart des joueurs évoluant dans les clubs de l’Ouest, se faire recruter dans le Racing était une référence. Il fallait d’abord rater son recrutement dans le Racing avant de chercher une place ailleurs. Mais depuis la décennie 90, l’émergence de plusieurs autres équipes sur l’échiquier national a sérieusement affaibli le “ Tout Puissant de l’Ouest (Tpo). ” Il y a eu un repli identitaire des dirigeants et une rivalité s’est très vite installée.

Kwetche
Ici, à la veille du Mondial 1998, en train de s’étirer avec ses coéquipiers.

Le Racing a progressivement perdu de sa superbe, mais ses anciennes gloires ont gardé leur respectabilité. Même si, le train de vie de la majorité de ceux disséminés dans la république laisse à désirer. Alors que l’on s’interroge toujours sur le devenir de ceux s’étant engagés dans une aventure professionnelle. A l’instar de Boniface Banebeng (meilleur buteur du championnat en 1989), Red Star, Richard Tchakounang, Laval, Vincent Kom, Basile Kamga, Théodore Towa, Serge Kwetche (le 23e joueur des Lions Indomptables lors du mondial 1998 en France) et Olivier Djapa Wandji (soulier d’or du championnat national pendant plusieurs saisons avec plus de 27 buts). Les seuls de tous à avoir une aventure professionnelle épanouie sont David Embé (buteur au mondial de 1994 aux Usa) et Gérémi Njitap.

Embé
Titulaire de l’équipe nationale d’entre les deux grandes périodes

Fortunes diverses

Plusieurs joueurs restés au terroir dans l’espoir de tirer profit de leur épopée glorieuse, n’ont toujours pas trouvé une reconversion à la hauteur de leur célébrité. Plusieurs ont eu à faire contre mauvaise fortune bon coeur. La situation est plutôt intrigante. C’est le cas de Charles Békima, ancien capitaine et célèbre latéral gauche du Tpo. Très élégant et fin dans son jeu, il a gardé le sobriquet de “ Nyangaboy ”. Après plusieurs tentatives de reconversion dans l’encadrement technique des clubs et même dans le commerce, Il opte pour l’église. Désormais, c’est avec une bible à la main qu’il parcourt les artères de la capitale provinciale de l’Ouest. C’est qu’il a échoué dans une église “ réveillée ” de la place où il est devenu évangéliste. Il s’occupe principalement de la conquête des âmes “ égarées ” pour la cause de Jésus Christ. Cet engagement n’a rien de démagogique. Ce qui ne laisse pas sans susciter des commentaires. “ Il faut dire que Békima a réussi sa reconversion comme pasteur. Il ne fait de doute qu’il trouve son compte dans cette affaire ”, entend-on ici et là.
Autre joueur qui partage au quotidien la vie des populations de Bafoussam est Sylver Talom. Capitaine du Tpo du début des années 90, il est réputé pour être un défenseur très brut. “ C’était un barreur très physique ”, reconnaît un ancien dirigeant de Racing. Il est resté la terreur des attaquants dans le championnat national. Sa seule présence donnait des ulcères aux adversaires du Racing. On dit de lui qu’il était le seul à avoir mis à l’éteignoir le ballon d’or européen, le Libérien George Weah. Ce qui l’aura valu une invitation de ce dernier pour un test de recrutement à Monaco. Mais le robuste défenseur avait déjà raccroché. Beaucoup de supporters du Racing lui veulent d’avoir décliné à cette offre pour se contenter d’un poste de chef de la police municipale à la commune urbaine de Bafoussam (Cub). “ Grâce au Racing, j’ai trouvé mon job à la mairie. Je ne me plains pas trop. Mon travail me permet de disposer de quoi entretenir ma petite ma famille ”, se réjouit-il. Reste que pour plusieurs personnes à Bafoussam, Sylver Talom présente toujours la mine d’un “ homme pas très heureux. ”

Le contraire de Jules Nono alias “ Petit Nono ”. Cet ancien ailier droit du Tpo a gardé un visage juvénile et jovial. Il s’occupe comme vendeur des pièces détachées de véhicules à Bafoussam. La doublure de ce dernier, Akwo alias “ Power ”, a quant à lui repris sa blouse de mécanicien. Comme “ diéséliste ”, il prête ses services dans un garage de la place. Chantal Denis Ndé, est l’un des rares à couler sa vie en douce. Il s’est construit une maison et roule dans une jeep. Il vit dans la discrétion. Mais, il y a plusieurs qui cherchent toujours à se frayer un chemin dans cet univers de précarité. Dans cette liste, Ekané, Tabi Kassara, Bruno Koagne, Pidjou, Feumi, Kombou.

Le football comme dernier refuge

En dépit de la maladie qui l’a éloigné des couloirs de la ligue provinciale de l’Ouest depuis plus d’un an, le président de la ligue provinciale de l’Ouest de 2002 à 2005, Alain Serge Tsémo est un modèle de dirigeant sportif dans la région. Quoiqu’il ait été remplacé de la présidence de cette structure après son évacuation sanitaire en Europe. Après avoir brillé comme joueur sous les couleurs rouge et blanc du Tpo, celui-ci s’est par la suite distingué comme un brillant directeur général de l’équipe pendant plus d’une décennie. Plusieurs footballeurs du Tpo l’ont suivi dans cette voie. Il s’agit notamment de Mabou, le libero dont on dit qu’il marquait souvent dans son propre camp. Il a fondé et dirigé Stade club de Bandjoun. Aujourd’hui, à Douala, il travaille comme employé dans la société Cogeni. L’un de ses promotionnaires, Fézeu alias Mimi (ex-gardien réserviste de Simon Nlend) est professeur d’Eps. Il officie par ailleurs, dans l’encadrement technique des Astres de Douala comme entraîneur des gardiens de buts.
Simon Nlend s’est recasé comme entraîneur adjoint de Red Stars de Bafoussam, une équipe de deuxième division. Parallèlement, cet ancien gardien de but international, entraîne les gardiens de but de Fovu de Baham, comme “ consultant ”. Sa longue expérience, il la partage aussi avec les jeunes du centre de suivi de l’Ecole de football de la société anonyme des brasseries du Cameroun (Sabc). Le Ghanéen, Ibrahim Ndangsabé resté à Bafoussam suit un stage de formation à distance d’entraîneur de deuxième degré auprès de Jules Nyongha. C’est l’un des rares joueurs du Tpo à avoir officié comme directeur sportif du club avant de prendre la casquette d’entraîneur adjoint. Un acquis qui lui a permis de prendre les commandes de l’encadrement technique du club Iso de Bafoussam.
Kombou Njoya mène un trajet quasi similaire dans la province du Nord-Ouest. Doyguem Maurice, après une expérience d’entraîneur promoteur dans le Tpo et dans certaines équipes de Bafoussam, aurait décidé de se concentrer désormais sur son métier d’enseignant d’Eps. Il aurait essuyé plusieurs frustrations. Il est recruteur pour la province de l’Ouest, des jeunes footballeurs pour le centre de formation de la Kadji sport academic (Ksa). Alexis Eyala s’est reconverti pour sa part dans l’arbitrage. Il officie avec bonheur au championnat de D2, poule de l’Ouest. Cela lui a valu de trouver un poste comme enseignant de sport dans un collège privé de la place. Mouzong alias sergent et Lucas Alfred Mébounou s’attelleraient à recruter les joueurs pour les destinations exotiques…

Par Guy Modeste DZUDIE


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