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Hommage

Il s’appelait Eugène N’jo Lea

Camfoot.com

A 75 ans, l’ancien footballeur professionnel tire sa révérence en emportant avec lui son « projet » d’instauration dans le football camerounais du semi professionnalisme.

Le 26 octobre 2006
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Né le 15 Juillet 1931 à Batuchi sur les berges du fleuve Wouri. Dès son jeune âge, Eugène N’jo Lea allie la culture sawa, les études et le sport pour se bâtir un profil de battant au sein de sa génération dans l’actuelle province du Littoral.

Nanti de son Brevet d’études du premier cycle(Bepc) obtenu en 1951 au Collège Moderne de Nkongsamba, au bénéfice d’une bourse académique, Eugène N’jo Léa arrive en France où il doit surtout relever le défi scolaire. Profitant de quelques détours sur les terrains de football, il fait certes prévaloir son talent de buteur dans le club amateur de Roche-la-Molière (Loire) mais il est « viré » du Lycée de Roanne, ville capitale du nord de la Loire en Rhône Alpes.

A 23 ans, Eugène N’jo Léa se case dans la ville de Saint Etienne. Tout en cherchant son baccalauréat, sous le maillot de l’Association sportive de ladite ville française, il deviendra un des fers de l’axe de l’attaque des « Verts ». De 1954 à 1959, dans l’actif de cet avant-centre « rapide », en cinq saisons, on enregistre 93 buts inscrits toutes compétitions confondues avec en prime le titre de troisième meilleur buteur, soit 29 buts en 34 matches de la saison sportive 1956/1957. On n’oublie pas également le premier titre de champion de France (1957) inscrit en lettre d’or dans le palmarès de l’As Saint Etienne grâce au « trio d’attaque redoutable et redouté » Eugène N’jo Léa- Kees Rijvers -Rachid Mekloufi. Et en septembre 1957, Eugène N’jo Lea est le premier avant-centre de l’histoire européenne de l’ASSE contre les Glasgow Rangers.

En 1959,durant deux saisons, Eugène N’jo Léa alterne tant bien que mal la pelouse verdoyante et le banc de touche du stade de Gerland utilisé par l’Olympique Lyonnais et on le retrouvera aussi dans les rangs du Racing Club de Paris(1961-1963).

Parallèlement à son activité sportive, N’jo Léa intègre mieux les amphithéâtres pour s’assurer un brillant parcours universitaire avec au final un diplôme d’études supérieures en droit. Toujours au cœur des réalités footballistiques de l’Hexagone, Eugène N’jo Léa est plus que frustré par « les règles qui régissent le football professionnel français notamment celle qui stipule qu’un joueur appartient à son club jusqu’à l’âge de 35 ans ». Afin de défendre la cause du footballeur professionnel, l’idée de créer un « syndicat » germe dans la tête de N’jo Léa qui contacte le « mythique » footballeur français Just Fontaine et avec le concours du juriste Jacques Bertrand, proche du sport et des sportifs, le 16 novembre 1961, l’Union Nationale des Footballeurs Professionnels (Unfp) est ainsi créée et Just Fontaine en devient le tout premier président.

Après un autre séjour académique aux Etats-Unis, Eugène N’jo Léa embrasse la carrière diplomatique et il y occupe différentes fonctions dans les représentations étrangères de son Cameroun. On relèvera encore son incursion dans le milieu footballistique, lorsqu’en 1987, après avoir tenté de lancer le professionnalisme d’abord au Sénégal ensuite, il présente son projet d’instauration dans le football camerounais du semi professionnalisme. Une initiative vite torpillée par ce qu’il avait souvent qualifié de « fossoyeurs » du sport roi sur le triangle national et depuis lors, le « redoutable buteur » des « Verts » a sombré dans les oubliettes.

A 75 ans, voici plusieurs mois que celui qui fut l’un des premiers footballeurs professionnels camerounais en Europe était alité et sous soins intensifs dans un Centre hospitalier de Douala. Durant sa « longue maladie »(on parle de cancer), à l’exception de la non négligeable assistance de l’Association des Footballeurs Camerounais(Afc) conduite par David Mayebi, son président « à vie », dans l’indifférence totale tant du Ministère des sports et même de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot), seule sa famille s’est toujours activée à son chevet avant que Eugène N’jo Léa ne rende son dernier soupir ce 23 octobre 2006.

Et voilà la page de vie d’Eugène N’jo Léa ainsi tournée à jamais... Repose en paix...

Guy-Roger OBAMA à Yaoundé


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Vos commentaires

  • Le 30 octobre 2006 à 21:00, par Elson En réponse à : Il s’appelait Eugène N’jo Lea

    voilà encore un qui n’avait pas tout dans les jambes et rien dans la tête comme certains (Branco incapable de denoncer le racisme) . Paix à son âme j’espère que le Cameroun du futur pourra lui dedier une rue un jour.

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  • Le 29 octobre 2006 à 19:53, par serges de moscou En réponse à : Il s’appelait Eugène N’jo Lea

    plus dur est de savoir qu il s en est alle avec son projet de semiprofessionalisme.mais que peut on faire quand ceux la qui sont sense vous aider a realiser nos desires pour un bien commun sont eux meme les premiers a vous obstruer la voie pour leurs bessoins personnels ?
    puisses la terre de nos ancertres t etre legere.

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  • Le 27 octobre 2006 à 10:09, par Laurenzo De Milano En réponse à : Il s’appelait Eugène N’jo Lea

    Que l’âme de ce courageux, intrépide et talentueux footballeur repose en paix !
    c’est dommage qu’au Cameroun on enterre sans gloire les héros !
    Ce N’Joh Léa, j’ai entendu des témoignages qu’il fut l’un des premiers grands footballeurs Africains, au point où beaucoup de jeunes Africains s’adjugèrent carrément son nom(ex. d’un certain Guinéen !) ! Il aimait tellement son pays le Cameroun, qu’il avait convaincu son fils à joueur pour les Lions alors qu’il était convoité par la France, étant un mélange de JPP et de Rocheteau, un buteur intrépide, rapide du championnat d’élite.L’on sait ce que le Cameroun en a fait ! Ce garcon fut très vite écarté de la sélection (peut-être à cause del a rancune qu’avaient les autorités sportives Camerounaises envers son père à cause de son projet de semi-professionalisme).
    Et pouratnt N’Joh Lea était un pionnier, et nulle doute que son projet aurait permis une plus grande performance du Cameroun à la Coupe du monde 1990. Il aurait peut-être permis la construction de nouveaux stades moyens, selon les standards européens. Le football serait peut-être devenu au Cameroun ce qu’il est au Brésil sur le plan économique. Beaucoup de jeunes Camerounais seraient peut-être demeurés au pays pour s’aguerrir avant une aventure en Europe !
    Je crois que N’joh Lea(qui était à l’abri du besoin) était vraiment sincère et c’est pourquoi il a gardé son projet dans le tiroir.
    Honte au Cameroun pour Mbappe Leppé, N’joh Lea et beaucoup d’autres dont les recits nous font toujours rêver.
    Il est urgent qu’une épitaphe soit bâti au-devant des grands stades pour honorer ces grands hommes qui ont fait valoir dans le monde le nom Cameroun.

    • Le 29 octobre 2006 à 19:45, par Néo de lyon En réponse à : Il s’appelait Eugène N’jo Lea

      Bien parlé Laurenzo, tu as tout dit.
      Si tu continues à faire autant preuve de clairvoyance, je te nommerai au MINJES
      avec ou sans l’accord de Popol.

      Ciao Fratello

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  • Le 29 octobre 2006 à 19:35, par Néo de lyon En réponse à : Il s’appelait Eugène N’jo Lea

    Que ce GRAND CHAMPION repose en paix. J’espère qu’il sera une source d’inspiration pour tous les jeunes qui pensent qu’il est impossible d’alier Foot de haut niveau et Etudes.

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  • Le 27 octobre 2006 à 16:19, par bubul En réponse à : Il s’appelait Eugène N’jo Lea

    ah ! voila un qui savait et qu parlait. mais ds un monde où les illumines n’ont pas de place, ils n’ont pas aussi la parole.
    pres de vingt ans apres son projet de professionalisme ds son pays, rien n’est fait. même ces politiciens bavards et avides qui sont passes au MINJES, n’ont rien fait.
    tt ce que je peux dire est que voila au moins l’un qui a voulu faire des choses concretes pr son pays et il n’a pas eu le moindre espace.
    que ce temoignage serve ds l’au delà , afin que DIEU lui accorde sa misericorde.
    PAIX A SON ÄME.

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  • Le 27 octobre 2006 à 13:57, par ? En réponse à : Il s’appelait Eugène N’jo Lea

    Paix à son âme ; Et qu’il repose tranquille dans la terre de nos ancêtres.
    Que le Tout Puissant t’accorde son pardon.
    Amen

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