Sélection U-17 : Bertin Ebwelle sur un volcan en ébullition

Camfoot

Fraîchement porté à la tête de la sélection nationale des moins de 17 ans, l’ancien international camerounais hérite d’une équipe dont les moyens et les conditions d’encadrement et de préparation sont des plus inhumaines. La préparation de la dernière CAN en 2015 en est une parfaite illustration. Entre mésestime, indifférence et abandon de la Fédération camerounaise de football et du ministère des Sports, plus occupés à accorder un traitement princier aux Lions Séniors, cette catégorie est le parent pauvre des sélections nationales.

Le 22 février 2016
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Débarqué de l’encadrement technique du Canon sportif de Yaoundé en mars 2014, il avait tôt fait de trouver le mouton noir en pointant du doigt les batailles entre les dirigeants qui n’arrivent pas à s’entendre ; une situation qui, confessait-il, sapait considérablement son travail. « J’ai présenté ma démission, compte tenu du climat actuel qui entoure le club et tout ce qui a précédé ma décision. Sur le plan sportif, il y a un manque de résultats. C’est aussi vrai qu’il y a aussi eu beaucoup de manquements. Mais, surtout, ce manque de solution sur le plan global de la structure. Deux groupes de personnes d’un même bureau qui s’affrontent et n’arrivent pas à s’entendre, ça met le travail de l’entraîneur en déroute. Les énergies sont dispersées dans les batailles. Les joueurs sont d’office affectés, surtout les anciens. J’ai donc pensé que je dois préserver ma renommée, ma sécurité », expliquait-il au micro de Camfoot. Quelques mois plus tard, le technicien héritait, sur décision d’Adoum Garoua alors patron des Sports, des Lions minimes, une catégorie dont l’appellation seule, est synonyme de peau de chagrin au Cameroun. Le bail de l’ancien défenseur des Lions né le 11 septembre 1962 à Yaoundé, ne va durer que quelques mois, (sans stage, sans compétition) puisque depuis mercredi dernier, il est le nouvel entraîneur sélectionneur des moins des Cadets (U-17).

Roman de mésaventures

Un autre tremplin pour ce formateur des jeunes dont les débuts en sélection nationale fanion commencent en 1984 pour la Coupe du monde au cours de laquelle il dispute l’ensemble des rencontres du périple camerounais qui s’achève en quart de finale. Autant le dire sans amabages, c’est d’une patate chaude que vient d’hériter Bertin Ebwelle Ndingué. Pour s’en convaincre, il n’a qu’à se rapprocher de Joseph Atangana, l’ancien coach des U-17. Lui qui a soufflé le chaud et le froid lors de la préparation de ses poulains pour la dernière Can Cadets qui s’est déroulé en décembre 2015 au Niger. Un roman de mésaventures et de leurres que le technicien a toutes les peines du monde à feuilleter. Les employeurs d’Ebwelle qui exigeront de lui des résultats dans l’immédiat, feignent d’ignorer que cette équipe nationale n’est en réalité qu’une coquille vide, sacrifiée à l’autel de l’indifférence du Minsep et de son acolyte la Fécafoot. Sevrée de moyens financiers logistiques et même de l’assistance psychologique nécessaire en pareille période, l’équipe nationale du Cameroun éliminée par son homologue de la Côte d’Ivoire au deuxième tour de la Coupe d’Afrique, avait vécu le martyr au Centre technique de la Fécafoot, situé au milieu de la forêt. Un important foyer de moustiques agressifs qui se sont rués sur les pauvres Lionceaux, transformant leurs journées et leurs nuits, en un véritable calvaire. Résultat des courses : c’est plus d’une dizaine de joueurs qui souffraient de paludisme à la veille de la confrontation contre les Black starlets du Ghana.

Clichés révoltants

Pour noyer le poisson, certains avaient parlé de problème d’acclimatation. Une fuite en avant bien captée par ceux qui savent qu’au pays de Roger Milla, il y’a la sélection nationale A et il y a les autres, soumis au régime sec. Pire, la ration alimentaire des bébés Lions faisait pleurer. Au menu chaque jour, du spaghetti à la sauce tomate au poisson et du pain. Un plat dégusté dans un restaurant de fortune ou en plein air, à la merci des mouches. Le comble c’est que, privés de toilettes adéquates, les joueurs portaient des seaux et se ruaient autour des bacs à eau placés à côté du seul bâtiment où tout le monde était logé pour puiser dans les fûts en plastique afin de prendre le bain. La lessive de leurs équipements été assurée par chacun d’eux. Des clichés révoltants qu’il faut vite bannir des esprits de ces jeunes qui ne demandent qu’à être bien encadrés pour faire flotter le drapeau camerounais. Tout ceci passe par une remise en question, une redistribution des rôles, de la rigueur et du patriotisme dans la gestion de cette sélection et d’un peu de sollicitude. La Fécafoot et le Minsep, plus disposés et disponibles lorsqu’il s’agit de faire des gâteries aux Lions indomptables Séniors, devraient songer à s’inscrire à cette école.

Christou DOUBENA


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