Patrick Ekeng : un Lion qui fait penser à Marc Vivien Foe

Camfoot

Comme l’ex international camerounais décédé pendant un match des demi-finales de la Coupe des Confédérations le 26 juin 2003 à Gerland, Patrick Ekeng a lui-aussi brutalement quitté la scène en plein match : sept minutes après son entrée en jeu vendredi en championnat de Roumanie. Retour sur le parcours d’un joueur qui avait encore beaucoup à donner au monde du football.

Le 9 mai 2016
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La planète du football est en deuil. Un Lion s’est endormi. Et il ne se réveillera plus jamais dans ce monde. Patrick Claude Ekeng n’a pas eu le temps de rugir une dernière fois dans l’arène. Vendredi, la vie lui a accordé sept minutes seulement, d’un match de championnat roumain qui opposait son équipe, le Dinamo Bucarest au Viitorul Constanta. Rentré en jeu à la 63e, l’international milieu de terrain camerounais s’est écroulé sans un contact (70e). Transporté d’urgence à l’hôpital où les médecins ont tenté de le réanimer pendant 1h30, le Lion ne s’est pas relevé. Depuis, le monde est en larme. Surtout son pays, le Cameroun, qui perd un joueur talentueux et plein d’avenir.

Un début prometteur

Patrick Ekeng avait en effet les qualités d’un milieu de terrain exceptionnel. Technique dans la conduite de balle, généreux en passes, doté un coup de pied magique, et bon dribleur, le natif de Yaoundé s’est fait remarquer très jeune. Après un début prometteur au Canon de Yaoundé (2006) à l’âge de 16 ans, c’est en 2008 qu’il explose véritablement. Au point où ses échos se font entendre en France où, les dirigeants de Le Mans ont sauté sur lui, lui offrant un contrat de 3 ans le 4 juillet 2009. L’année au cours de laquelle il va disputer la CAN des moins de 20 ans, au Rwanda. Considéré comme l’un des piliers de cette équipe des Lions juniors, « Patou » contribue grandement aux victoires des siens. Tenez, c’est lui qui a qualifié l’équipe pour les demi-finales grâce à un doublé historique qui permettait également aux Lionceaux d’obtenir leur ticket pour le Mondial de leur catégorie la même année. Malheureusement, les Camerounais sont battus lors de la finale de cette CAN, par le Ghana (0-2). Ekeng faisait ensuite partie du groupe retenu pour le Mondial U20 en Egypte, mais l’aventure des Camerounais s’est achevée à la phase de poules.

Pourtant, en club, l’histoire d’Ekeng ne fait que commencer. Il dispute son premier match en tant professionnel le 20 août 2010 avec Le Mans. Ce soir-là, il est rentré en jeu à la seconde mi-temps et son club est tombé (0-2) devant LB Châteauroux, en Ligue 2 de France. Mais c’est avec la réserve qu’il est plus régulier en CFA. A la fin de son bail à Le Mans, il file à Rodez, un club de National (2010-2010), avant de revenir pour 3 saisons encore, cette fois en Ligue 2. Avec ses 18 matchs joués la dernière année, il brille et le club de Lausanne le récupère ensuite (2013-2014). En Suisse, Ekeng n’a passé qu’un an. Il livre 29 matchs et inscrit 2 buts durant la saison, avant de rejoindre Cordoba, en Liga espagnole (2014-2015).

Pendant ce temps, le jeune joueur décédé à 26 ans intéresse le sélectionneur des Lions Indomptables qui le retient dans le groupe des 23 devant participer à la CAN 2015 en Guinée Equatoriale. Ekeng remplace Franck Kom lors d’un match de préparation contre la RD Congo à Yaoundé, le 7 janvier. Et c’est un an plus tard (le 11 janvier 2016) qu’il a rejoint le Dinamo Bucarest, en D1 de Roumanie où il n’a joué que dix matchs, avant ce triste drame. Il laisse une femme enceinte, et une fille de 2 ans.

Arthur Wandji


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