Stade de Ngoumou : Le rapport du Feicom démonte l’affaire

Camfoot

Désillusion. Répondant à une correspondance du ministre de l’Eau et de l’énergie et surtout PCA de Renaissance au sujet « l’octroi à la commune de Ngoumou d’une lettre de garantie lui permettant de lancer les travaux de construction de son stade municipal », le DG du FEICOM Philippe Camille Akoa, refuse de débloquer de l’argent pour ce projet dont il trouve les contours flous.

Le 6 juin 2016
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L’euphorie des belles promesses de campagne du candidat Tombi A Roko aux populations de Ngoumou n’aura finalement duré que le temps d’un battement de cils. Il n y aura visiblement pas de stade à gazon synthétique dans cette localité située dans la région du Centre. Du moins si l’on partage les réticences et à voir toutes les réserves émises par le DG du Feicom autour de ce vaste, ambitieux et désormais malicieux projet, porté sur les fonds baptismaux par Tombi à Roko Sidiki dans son désir d’offrir à une dizaine de localité du Cameroun des stades aux normes internationales, tel que libellé.

Dans une correspondance datée du 17 mai 2016 et dont Camfoot a obtenu copie, Philippe Camille Akoa, en réponse à une première lettre signée de Basile Atangana Kouna relative à l’octroi à la commune de Ngoumou (dont il est par ailleurs originaire), d’une lettre de garantie lui permettant de lancer les travaux de construction de son stade municipal, au regard de plusieurs arguments développés, se dit au regret de porter à la haute connaissance du ministre de l’eau et de l’énergie « qu’il est difficile pour le Feicom de financer la contrepartie exigée à la commune de Ngoumou, ni de délivrer une garantie bancaire à cette institution dans le cadre de la réalisation de ce projet ».

Désaveu

Le patron du Feicom, pour motiver cette fin de non recevoir qui sonne à la fois comme un désaveu, brandit les conditions de financement de ce projet. Lesquelles, après plusieurs discussions avec les porteurs dudit projet, confie-t-il, ne sont pas suffisamment claires.

Camille Akoa dit avoir constaté que « la quote-part dévolue aux communes est égale ou supérieure à celle de la Fécafoot pourtant porteuse du projet. Cette contrepartie devrait considérablement être revue à la baisse. De même, l’effectivité de la quote-part de la Fécafoot ou de ses partenaires devrait être clairement démontrée ». Autrement dit, la Fécafoot, dans sa stature d’initiateur de cet ouvrage, a été incapable de rassurer le Feicom en lui apportant des garanties bancaires nécessaires et suffisantes pour qu’elle accepte se « jeter à l’eau » et pourvoir en fonds la commune de Ngoumou chargée du financement, de la conception et la réalisation de l’ensemble des travaux nécessaires à la construction des vestiaires et des gradins, à ses frais et risques. Tout comme elle devrait assurer les prestations d’entretien de l’ensemble des ouvrages.

La rentabilité de l’investissement en question

La Fécafoot qui s’est longtemps targué de voler secours au gouvernement camerounais dans la matérialisation de son Programme national de développement des infrastructures sportives (Pndis), se retrouve donc dans une situation des plus inconfortables ; ses principaux comptes bancaires (UBA et ECOBANK) étant bloqués depuis plusieurs mois. Du coup, supporter ne fusse que la moitié de l’investissement de ce projet apparaît comme une ambition babylonienne. Où va-t-elle puiser de l’argent pour augmenter sa quote-part et dissiper les inquiétudes du Dg du Feicom qui n’entend pas casser sa tirelire pour soutenir le projet d’une association censée avoir des fonds de fonctionnement colossaux.

D’ailleurs, l’homme, explications à l’appui, poursuit son argumentaire. « S’agissant de la maturation du projet, afin de s’assurer de la rentabilité de l’investissement qui conditionnerait sa durabilité, j’avais demandé à la Fécafoot d’élaborer un business plan qui montrerait que le mode de gestion et les recettes générées par l’exploitation des infrastructures à réaliser permettront le remboursement du crédit sollicité ». Et d’ajouter que « dans le cas où le Feicom apporterait la quote-part des communes ou leur délivrerait des lettres de garantie, les remboursements se feraient sous forme d’avances de trésoreries entièrement remboursables. Pour le cas spécifique de la commune de Ngoumou qui a d’autres engagements financiers vis-à-vis du Feicom dans le cadre d’autres projets tout aussi importants, cette quote-part est très élevée ».

Transfert de compétences

Philippe Camille Akoa continue sa correspondance dense de presque deux pages en rappelant à toute fin utile au destinataire de son courrier que « sur le plan du contenu technique des infrastructures techniques à réaliser, un débat est actuellement en cours au niveau mondial au sujet de la pratique du football sur des stades à gazon synthétique. En effet, il m’est revenu que la Fédération internationale de Football association (Fifa) pourrait, dans un avenir poche, interdire ce type de gazon  ». Une véritable leçon de football au nouvel exécutif de la Fécafoot qui a longtemps vanté les merveilles du synthétique et le grand bien qu’il ferait aux footballeurs des différents championnats nationaux, appelés à évoluer sur cette surface de jeu.

Pour finir sa leçon magistrale, Philippe Camille Akoa émet une suggestion des plus sensées. « Considérant que le transfert des compétences aux communes en matière de sport ne concerne pas uniquement le football et que l’objectif du Feicom est de financer la construction des infrastructures pour la promotion de toutes les disciplines sportives, il me semble judicieux d’adopter une approche intégrée dans la réalisation de ce projet. C’est dans ce contexte que j’ai suggéré que ce projet soit intégré dans les activités à inscrire dans le plan d’action de la plate-forme de collaboration mise sur pied par le Ministre des Sports et de l’Education physique et le Feicom ».

Si pour le cas de Ngoumou, le Feicom se débine, quel sort sera réservé aux stades de Bamenda, Bafia, Sangmelima ou encore Bangangté ? Et dire que les cérémonies de pose faisaient tant de bruits. Affaire à suivre !

Christou DOUBENA


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