Football camerounais : S.O.S, talents en danger

C. T

Eux, c’étaient les futurs Milla, les successeurs d’Eto’o ou encore les prochains Thomas Nkono. A coups de superlatifs et de compliments, ils font sensation en faisant une entrée fracassante à l’équipe nationale. Ils ont été encensés, portés aux nues... pour finalement ne jamais tenir la promesse des fleurs. On les appelle les éternels espoirs.

Le 11 mai 2016
commentaires

Ces joueurs qui font preuve d’un talent certain, et parfois hors du commun, mais qui explosent en plein vol. L’histoire du football mondial en est parsemée, celle du Cameroun également.

En tout cas, sur les six dernières années, on en a vu passer un certain nombre dont on attend encore beaucoup. Dans ce sens, la cuvée 2014, avec l’opération « reconstruction » des Lions indomptables a fait miroiter des bijoux au public camerounais.

Fabrice Ondoa se montre sûr de lui pour ses premiers pas en équipe fanion à seulement 19 ans ; Jérôme Guihoata montre de bonnes dispositions sur ce côté droit où l’ombre de Geremi Njitap plane toujours. Et il y a surtout ce Clinton Njie, trouvaille du sélectionneur de l’époque, qui met la Côte d’Ivoire à genoux au stade Omnisports de Yaoundé. Le pays s’enflamme et croit tenir une génération dorée prête à prendre la relève de celle des années 2000.

Deux ans après, le retour sur terre est plutôt douloureux. Ondoa continue de donner le meilleur de lui avec les Lions mais semble voué à jouer les seconds rôles en deuxième division espagnole avec son club. Guihoata s’est perdu dans les méandres des prêts à Nîmes. Quant à Njié, il vient de vivre une saison cauchemardesque à Tottenham, ponctuée par les blessures, après un transfert qui avait fait couler beaucoup d’encre en raison de son coût (plus de 11 milliards F avec les bonus).

Et des exemples de ce genre, on en a à la pelle avec les Franck Songo’o et autres Joseph Minala. Mais le cas le plus singulier reste celui de ceux qu’on surnomme « enfants d’Eto’o ». Ces jeunes issus de la Fundesport qui ont intégré le meilleur centre de formation du monde, la Masia du FC Barcelone.
Impressionnants dans les divisions inférieures, prometteurs à leurs débuts professionnels avec le FCB, tout était fait pour tomber dans le panneau. Mais de la quinzaine de joueurs formés depuis 2008, seul William Kaptoum a convaincu les dirigeants catalans. Les autres, dont la plupart ont remporté la UEFA Youth League en 2014, ayant été bradés à travers le monde. Qu’il s’agisse de Jean-Marie Dongou, Franck Bagnack ou encore Lionel Enguene. Considéré comme l’attaquant de l’avenir, Fabrice Olinga constitue également un cas sur lequel on pourrait soupirer de dépit. Devenu le plus jeune buteur de l’histoire de la Liga à 16 ans avec Malaga, le joueur de 20 ans joue désormais au Royal Mouscron-Péruwelz (Belgique après notamment un passage à Chypre et en Roumanie. Ses débuts prometteurs sous les couleurs nationales n’ont pas non plus porté de fruits.

A croire que l’exemple de leurs aînés chez les Lions n’a pas servi. On se rappelle, en effet, que des joueurs comme Modeste Mbami ou encore Achille Emana n’ont jamais réussi à percer malgré des débuts
prometteurs. L’exemple le plus patent restant celui d’Eric Djemba Djemba, ancien pensionnaire de Manchester United qui est aujourd’hui fier, à 35 ans, d’évoluer chez les Voltigeurs de Châteaubriant, en
championnat de France amateur. Mais, on ne va certainement pas perdre espoir et continuer d’espérer
enfin le déclic pour ces talents victimes de blessures récurrentes, de manque de travail, d’une trop grande pression, de mauvais choix de carrière ou tout simplement de malchance. Il n’y a qu’à voir la résurrection du Français Hatem Ben Harfa, crack à 17 ans qui s’est perdu dans les méandres du succès à cause d’un entourage douteux, et qui a retrouvé des couleurs à Nice (France). Il suffit juste de comprendre que le talent, c’est l’équilibre entre un bon mental, un physique au top et un peu (beaucoup) de chance.

Josiane R. MATIA


REAGIR À L'ARTICLE

Vos commentaires

  • Le 14 mai à 12:41, par Johnny En réponse à : Football camerounais : S.O.S, talents en danger

    Bel article, mais qui malheureusement au Cameroun en particulier n’interpelle pas grand monde. La clé à mon humble avis est de s’occuper nous-mêmes de la détection et de la formation de nos talents bruts et de leur offrir un Championnat de Qualité acceptable pour mieux les rôder à la Compétition avant de les lâcher dans la jungle du Football Business.

    Je pense également qu’un jeune joueur qui a la possibilité de pratiquer son art dans de bonnes conditions et de vivre décemment auprès de sa famille et dans le quartier où il a grandi n’irait pas trop tôt se perdre en Europe ou en Asie comme c’est le cas à l’heure actuelle.

    Il y a des signes qui nous laissent espérer des lendemains meilleurs comme l’ouverture des nouveaux Stades et la modernisation des autres en vue, tout en souhaitant que ce ne soit pas seulement lié à l’Organisation des prochaines CAN...

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

La Chronique de Léon
Les Depêches