Récupération politique

Comment Paul Biya a ravi la vedette aux Lionnes indomptables

Camfoot

Les cartons d’invitation remis à toutes les personnes invités ce dimanche au palais polyvalent des Sports portaient en guise d’objet : cérémonie de tirage au sort et de présentation officielle du logo, de la mascotte et de l’hymne de la Coupe d’Afrique des Nations de football féminin « Cameroun 2016 ». Mais, grande a été la surprise de ces nombreux hôtes de constater que la dite cérémonie avait étrangement des allures d’un meeting politique.

Le 19 septembre 2016
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C’est que, le gigantesque déploiement des militants Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) à cet événement très couru, n’a eu d’égal que les effectifs pléthoriques qui ont pris d’assaut l’intérieur et l’extérieur du palais polyvalents des Sports de Yaoundé. De l’Ordpc, à l’Ofrdpc en passant par l’Ojrdpc, c’est par milliers que ces hommes et femmes, vêtus aux couleurs du « parti du flambeau », ont pris d’assaut le théâtre de cette cérémonie. Bref, il n’y en avait que pour le Rdpc.

Aboudi, Enganamouit et Cie oubliées

Plusieurs carrés n’ont-ils pas été réservés aux membres du Comité central du parti du flambeau et plusieurs fonctionnaires venus témoigner leur indéfectible attachement aux idéaux de leur champion ? Des centaines de posters géants de Paul Biya, solidement suspendus, inondaient la salle. C’est à peine si les oriflammes et autres étendards de la Caf, pourtant propriétaire de la Can féminine, n’ont pas été englouti par cette overdose de visuels du premier sportif camerounais. Ici, on le présente comme le chancre de l’intégration sous-régionale ; là, on loue son modèle de gouvernance qui a permis au Camerounais de vivre dans la paix, la stabilité et la prospérité. Un peu plus loin, ce sont les femmes de l’Ojrdpc qui célèbrent l’icône ou le baobab que le président représente dans le concert des nations africaines. Surtout l’homme sans qui, cette Can n’aurait jamais été attribuée au pays de Gaëlle Enganamouit. Alors qu’on attendait que les stars telles : Christine Mani, Enganamouit, Aboudi Onguéné, Mefometou, Leuko et Cie soient portées en triomphe, c’est au « premier sportif camerounais » qu’est revenu la gloire.

Un culte de la personnalité bien entretenu par ses nombreux fans et la pléthore de membres du gouvernement dont certains ont défilé au pupitre pendant la séquence des allocutions. Des discours politique à la gloire du père de la Nation. Au total, le N’nomgui a été cité plus d’une centaine de fois. Même les vidéos présentant le Cameroun à la Caf et aux pays étrangers n’ont pas été épargnées. Des images de Paul Biya serrant la main du souverain pontife, en tête à tête avec des figures de l’opposition, en parade au Comice agropastoral d’Ebolowa en 2012 ou remettant des trophées à des sportifs…Un véritable supplice en somme.

Récolter là où on n’a jamais semé

Le Cameroun est donc resté fidèle à lui-même. Oublier l’essentiel pour vanter le futile. Un one man show qui dure depuis des lustres. Entre annonces pompeuses, promesses fallacieuses, l’homme du Renouveau et son gouvernement sclérosé n’ont levé aucun mur. Il fallait attendre la Can pour relancer la propagande et continuer de couvrir d’éloges le champion du Rdpc, plus occupé à se servir des équipes nationales de football pour désamorcer une forte contestation sociale et politique, préservant ainsi son pouvoir d’un embrasement quasi certain à l’aube des années 90. Lui qui n’a su que tirer les dividendes politiques des prestations de ces jeunes patriotes sans investissements. Sans véritable politique sportive. Ainsi, le président de la République a toujours été en embuscade d’une victoire des Lions ou Lionnes indomptables en phase finale d’une compétition internationale. La récupération politique, d’un secteur négligé par le régime s’apparente pour certains à récolter là où on n’a pas semé.

Christou DOUBENA


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Vos commentaires

  • Le 19 septembre à 20:51, par bamyaben En réponse à : Comment Paul Biya a ravi la vedette aux Lionnes indomptables

    Les suppôts de BIYA ont réussi un tour de passe-passe extraordinaire soit sciemment ou inconsciemment par excès de zèle en hissant BIYA au zénith des plus grands despotes que la terre ait connue à savoir : Le AHAUCAN « prince des serpents » des Mayas, les Empereurs romains, Alexandre, Mao Zedong et ses 80 Millions de victimes, Staline et ses 20 Millions, Hitler et ses 10 Millions, Pol Pot et ses 4 millions, Slobodan Milosevic, Caucescu, Kim II-Sung (Le Grand Leader, Soleil de la Nation), Mussoloni, Pinochet ; Sans oublier plus proche de nous : Mobutu, Omar Bongo, Gnassingbe Eyadema, Samuel Ndo, cette liste n’étant pas exhaustive.
    Bidoung Kpwatt est plus qu’un prévôt dans la hiérarchie des plus grands suceurs de la République bananière.Iil lit , non ! Il ne lit pas mais il épelle comme un écolier, le long discours (au diable l’esprit de la concision et de la précision) qu’on lui a écrit et n’a même pas la liberté de penser. Il excelle dans la courbette, la vénération : Le Chef de l’Etat Son Excellence le Président de la République Monsieur Paul BIYA ! Il lui manquait juste d’ajouter le plus Grand Leader devant l’éternel, le Roi Soleil de la Nation. Faire simple en disant le Président Paul BIYA ou le Chef de l’Etat n’est pas suffisant ? Non ! Il faut en rajouter pour mieux le salir et montrer aux yeux du monde quel Potentat il est.

    • Le 19 septembre à 20:59, par bamyaben En réponse à : Comment Paul Biya a ravi la vedette aux Lionnes indomptables

      Ces suppôts ont sali et trahi Paul BIYA, l’Homme de la " Rigueur et Moralisation".
      Ils ont trahi et sali l’Homme qui a germé et fait naître dans son esprit et sa pensée des belles citations aux valeurs universelles dans "le Libéralisme Communautaire" comme cette belle brochette de morceaux choisis :

      « Il n’y a pas de développement véritable pour l’homme qui se complait dans le mensonge. Le mensonge, la gabegie et l’absence totale de principes »

      « On peut dire que le développement est manqué lorsque le principe qui doit imposer l’ordre te la discipline, l’harmonie et l’équilibre est étouffé et qu’au contraire s’expriment dans la discordance et la dissonance des voix et des tendances anarchiques »

      « Il ne s’agit pas de créer pour créer ; c’est demeurer aliéné que de vouloir à tout prix créer là ou la bonne solution existe et ne demande qu’à être reconnue telle » p.104

      « Il ne saurait y avoir de développement véritable pour l’homme qui vit sous le régime de la peur et de l’ignorance »

      « Le libéralisme apparait chaque fois qu’il s’agit pour l’homme de s’épanouir dans la reconquête de ses libertés bafouées par les féodalités ».

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