CAN 2016 et 2019 : la course contre la montre

Au terme d’une récente évaluation, il apparait que l’état d’avancement des travaux préparatoires est loin d’être satisfaisant. D’où la mise en place des comités locaux de préparation pour un plus grand suivi de proximité

Camfoot

Un arrêté du Premier ministre, Philemon Yang, en date du 1er février 2016 fixe organisation et fonctionnement des comités locaux de préparation des coupes d’Afrique des nations de football 2016 et 2019 dans les régions du Centre et du Sud-Ouest. Cette décision prise par le Chef du gouvernement vient à point nommé. A dix mois environ de la tenue d’une compétition sportive d’envergure continentale, elle répond à des préoccupations réelles en même temps qu’elle vient combler un vide.

Le 4 février 2016
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Intervenant à la suite d’autres initiatives, elle confirme aussi de la manière la plus éloquente, à quel point le suivi des préparatifs des CAN est au centre des préoccupations des pouvoirs publics, aux niveaux les plus élevés.

Il y a lieu de rappeler qu’en l’espace d’une semaine, une délégation interministérielle composée des ministres des Sports et de l’Education physique, des Marchés publics, de l’Urbanisme et de l’Habitat, des Travaux publics, a effectué deux descentes sur le terrain pour toucher du doigt l’état d’avancement des différents chantiers programmés. Le 25 décembre dernier, le tour d’inspection s’est effectué dans les localités de Tiko, de Buéa et de Limbe dans la région du Sud-Ouest.

Le 02 février 2016, c’était au tour des chantiers de la capitale de passer au scanner. Quand on sait que Yaoundé et Limbe sont les deux villes choisies pour accueillir l’élite continentale du football féminin, on ne peut que saluer cette mobilisation appelée à perdurer. On avait pensé jusqu’ici que seuls les travaux en région accusaient du retard. Le tour des chantiers de Yaoundé a permis de constater que les choses coincent aussi de ce côté-là. Au stade Ahmadou Ahidjo en réfection, les 4 lots portant respectivement sur les travaux de génie civil, d’aménagement des aires de jeu, d’aménagement des voiries et parkings, d’approvisionnement en électricité et en liaison téléphonique connaissent un taux d’avancement de 7,5 %, 30 % et 6% avec environ trois mois de retard sur les délais impartis. En clair, il faut mettre désormais les bouchées doubles pour rattraper le décalage entre le taux d’exécution et les délais.

Un suivi de proximité

Les préparatifs des CAN préoccupent le sommet de l’exécutif. A titre de rappel, un décret présidentiel en date du 03 octobre 2014 portait création, organisation et fonctionnement du Comité national de préparation des coupes d’Afrique des Nations de football (CAN) 2016 et 2019 (COMIP-CAN) placé sous la présidence du Premier ministre. Avec pour principales missions : la définition des orientations stratégiques et le plan d’action à mettre en œuvre dans le cadre de la préparation des deux CAN, la constitution d’un portefeuille de projets à réaliser, l’élaboration d’un chronogramme détaillé des opérations, la coordination des actions des administrations et des partenaires privés ainsi que le suivi de l’exécution des actions et des projets à réaliser. Depuis lors le COMIP-CAN n’a pas chômé. Plusieurs réunions se sont tenues au Premier ministère avec, à chaque fois, des recommandations pour une coordination optimale des différents projets.

Mais l’impression donnée jusqu’ici c’est que les résolutions prises au sommet n’étaient pas toujours traduites sur le terrain en réalisations concrètes dans les délais prévus. La faute sans doute à un manque de suivi de proximité. La semaine dernière, lors d’une réunion d’évaluation à Limbé, les membres du gouvernement présents, les autorités administratives et le collectif des ingénieurs avaient déjà observé un décalage préoccupant entre le taux global de réalisation des voies d’accès (31 %) et les délais impartis déjà consommés (40 %). Fort de ce constat, on évoquait déjà la possibilité de la création d’un comité local chargé de suivre au quotidien la progression des différents chantiers en vue d’accélérer leur rythme d’exécution. C’est désormais chose faite. Le comité local est chargé entre autres, de faire l’inventaire de tous les sites des projets, de suivre et évaluer l’exécution des projets et opérations à réaliser, de veiller à la mise en œuvre au niveau local des résolutions du COMIP-CAN.

Sauver l’honneur !

Le gouverneur de région qui en est le président n’aura plus l’excuse d’être marginalisé. Entouré des préfets et sous-préfets des circonscriptions administratives concernées ainsi que d’autres membres issus des administrations partenaires, le « chef de terre » a du pain sur la planche puisque le comité local « fonctionne de manière permanente pendant toute la durée de la mission dévolue au Comité national de préparation des CAN ». Selon les observateurs, la création du comité local d’organisation relance la course contre la montre à un mois environ du passage de la prochaine mission d’inspection de la Confédération Africaine de Football (CAF) qui suit l’évolution de la situation. Pour respecter le chronogramme il faut que d’ici le mois de juillet au plus tard, les stades, les terrains d’entrainement, les voies d’accès, les parkings, l’eau, l’électricité, l’éclairage, le téléphone, les hôtels et autres commodités soient prêts pour la CAN 2016. Avec déjà en perspective la CAN 2019 qui sera d’un autre calibre. Il va de soi que le suivi de proximité n’est que le maillon d’une longue chaîne de responsabilités. D’où la nécessité d’un travail en synergie pour une réussite collective qui ne peut que rehausser l’image de marque du pays tout entier. « L’honneur du Cameroun n’a pas de prix » vient de rappeler Bidoung Kpatt, ministre des Sports et de l’Education physique. A bon entendeur…

Par Jean Marie NZEKOUE


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