Samuel Eto’o s’était imposé lui même une censure de la parole cette saison avec pour objectif de se concentrer exclusivement sur ce qui lui donne à manger. Cependant, le camerounais n’a pas pu profiter du festin à cause d’une nouvelle blessure qui a brisé ses rêves.
Alors qu’il en est à un mois de son retour sur les terrains pour y profiter de son football, l’attaquant a rompu le silence pour recevoir SPORT. Sincère et honnête, il dit ce qu’il pense, que cela plaise ou non, ou si c’est politiquement correct ou non. Peu de joueurs de sa trempe existent encore dans le monde du football.
SPORT : Comment va votre blessure ?
Les choses vont bien. Le pied répond assez bien. Je suis conscient que j’ai joué trois mois sur les quinze derniers et que j’ai été en dehors des terrains pendant douze mois. Il faut d’abord que je récupère, physiquement autant que mentalement.
SPORT :Qu’avez-vous appris de la blessure du ménisque d’il y a un an et quelle erreur ne referez vous pas ?
Les circonstances sont actuellement différentes : l’équipe fonctionne bien et je ne suis pas anxieux à l’idée de revenir à tout prix. Je dois y aller pas à pas, sans me précipiter.
SPORT : Effaceriez-vous de votre mémoire la dernière année ?
Personne ne souhaite se blesser. Dieu a placé cet obstacle sur mon chemin et je dois l’accepter. Tout ce que Dieu donne est bon.
SPORT : Même deux blessures comme celles là ?
Même deux blessures comme celles là. Personne ne sait ce qui se serait passé si j’avais joué.
SPORT : Que diriez vous à ceux qui disent déjà que jamais plus Eto’o ne sera le même qu’avant la blessure ?
J’ai 26 ans et tout une vie devant moi. On verra ce qui se passera. Mais j’ai une confiance maximale en moi. Et ce qui m’est arrivé, ce sont des choses qui arrivent dans la vie. Le plus important n’est pas la chute, mais la manière dont tu te relèves.

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SPORT : Irez-vous à la Coupe d’Afrique ?
On verra. Je ne peux rien faire. Je comprends la préoccupation du club, mais je comprends également celle de ma sélection. Ils doivent s’arranger entre eux.
SPORT : Txiki a dit qu’il essayera de parler avec vous et avec Touré Yaya pour que vous n’alliez pas à la Coupe d’Afrique
Txiki doit parler avec la Fédération Camerounaise. Je jouerai où on me dira de le faire. Je ne suis pas le chef.
SPORT : Vous sentez-vous mis sous pression par le club ?
Pas du tout. Je jouerai ou on me dira.
SPORT : Mercredi dernier, vous avez prêté serment à la Constitution Espagnole et vous êtes désormais un joueur communautaire avec tout ce que cela entraîne. Pour quelle raison n’avez-vous pas attendu la norme qui entrera bientôt en vigueur et qui permettra aux joueurs africains d’être des joueurs communautaires ?
Car cela se restreint à l’Espagne et non à l’Europe. À présent, je suis un joueur communautaire en Europe également.
SPORT : À Madrid, ils attendent votre retour pour semer la pagaille dans les vestiaires...
Je ne répondrai pas à ces gens, qu’ils attendent ce qu’ils veulent. Je ne suis pas nerveux.
SPORT : Eto’o a t-il toujours du crédit ?
Je n’ai rien à démontrer, ce que j’ai réalisé est parlant.
SPORT : Un attaquant peut-il vivre longtemps sans marquer ?
Quelqu’un m’a dit qu’un attaquant doit faire jouer les autres. Nous sommes les plus proches des buts et nous sommes ceux qui avons une meilleure vision de l’attaque. Je suis heureux quand je marque, mais également quand je fais une passe décisive.
SPORT : Que pensez vous de la façon dont l’équipe joue actuellement ?
Je suis fier d’eux et du travail qu’ils sont en train d’accomplir. Pour l’instant, je ne peux les aider qu’avec mes cris dans les gradins.
SPORT : Pour quelle raison pensez-vous que les gens ne croient pas chaque fois que vous dites que vous êtes l’ami de Ronaldinho ?
Je n’ai personne à convaincre. Dans ce monde, il y a un toujours le gentil et le méchant. Je ne sais pas si je suis le gentil ou le méchant. Je ne sais pas si je suis le méchant dans l’histoire. Je regarde mes coéquipiers dans les yeux et je pense toujours à l’équipe. Au moment décisif, j’ai besoin de Ronaldinho et Ronaldinho a besoin de moi.
SPORT : Là où il n y a jamais eu de doute c’est sur l’admiration que vous avez pour Andrés Iniesta
Pour moi c’est un crack. C’est un jouer complet. Je rigole quand on me dit que c’est une promesse. Andrés est une réalité.
SPORT : Txiki a affirmé que cette saison l’équipe a l’obligation de remporter un titre important et de se lutter jusqu’au bout pour un second. Êtes-vous d’accord ?
Dans la vie, nous avons tous des obligations, les réaliser c’est autre chose. Nous partageons tous le rêve de Txiki. Ce qui importe c’est que l’envie de transformer ce rêve en réalité ne nous manque pas.
SPORT : Vous avez promis lors d’une émission télé, ‘La ronda’ de la chaine Català, que vous marqueriez 25 buts cette saison. Maintenez-vous point pout point cette promesse ?
On verra. Le présentateur de l’émission, Albert Lesán, m’a dit qu’il me sentait capable de marquer 25 buts et m’a demandé de le signer sur un papier. J’ai signé comme un geste de reconnaissance pour sa confiance en moi. J’essaye toujours de me dépasser, mais sans m’obséder pour quoique ce soit.
SPORT : Eto’o sacrifierait-il les buts pour remporter des titres ?
Qui dirait le contraire ? Je marque des buts pour remporter des titres collectifs et non personnels. Si je ne pensais qu’à moi, l’équipe finirait par me tourner le dos.
VILAFRANCA
SPORT : Pensez-vous avoir déçu quelqu’un à un moment dans le club ?
Pour quelle raison ?
SPORT : Pour vos déclarations à Vilafranca, par exemple...
Je n’ai rien fait de mal à Vilafranca. Il y a simplement eu un malentendu. Un manque de communication. A ce jour, cela n’arriverait plus, car nous avons appris dans le vestiaire que nous devons parler entre nous pur résoudre les problèmes.
SPORT : Mais vous êtes allés jusqu’à dire de Rijkaard qu’il est une mauvaise personne...
Je n’ai jamais insulté l’entraineur. Si j’ai dit quelque chose, c’était par nervosité et à chaud, mais je n’ai voulu attaquer l’entraineur à aucun moment. Il sait que si un jour j’ai quelque chose à lui dire, je lui dirai en face.
SPORT : Pensez-vous que les gens considèrent différemment Eto’o avant et après les événements de Vilafranca ?
Je ne sais pas. C’est clair que je reste le même. Il faut leur demander. Dans tous les cas, je me suis toujours senti aimé par les supporters.
SPORT : Y a t’il une raison particulière qui aurait favorisé ce bon ‘feeling’ ?
Je n’ai jamais déçu les supporters du barça, et je ne le ferai jamais.
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