C’est une sottise évidemment d’établir le niveau des Lions sur la base du classement de la FIFA ou en référence à un certain nombre d’accidents vertueux qui ont émaillé le parcours de nos fauves depuis 1982. Passe encore de jouer les jobards quant à la valeur des joueurs dont nous sommes toqués, mais se fermer résolument à une réalité qui se raffermit implacablement au fil des sorties de notre équipe, quelle folie ! Que n’entend-on pas dire : « Nous avons battu le Brésil, l’Argentine, la Côte d’ivoire, le Nigeria… ». Soit. Mais nous n’avons jamais battu la Jamaïque, ni Chypre, ni l’Italie, ni le Vanuatu… Alors ?
Camfoot.com | lundi 27 août 2007
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Alors, la question n’a jamais été là. Aucun observateur le moindrement éveillé ne saurait s’étonner outre mesure, maintenant, d’une victoire de Kiribati sur la Slovénie. Tout le monde peut battre tout le monde un jour donné. C’est une donnée solide. Il n’est donc pas raisonnable de vouloir construire une renommée sur quelques résultats heureux qui, du reste, s’amenuisent de plus en plus comme peau de chagrin. Il serait plutôt plus honnête de partir d’un constat à deux pôles : non seulement les Lions ne jouent pas bien du tout depuis au moins la mort de Foé, mais plus grave encore, le pendule ne semble pas pencher du côté d’un embellissement ni à court ni à moyen terme.
Des quinze sélections classées par la FIFA au-dessus du Cameroun, seuls la Grèce (14e) et le Mexique (11e) n’ont théoriquement aucune chance de gagner la prochaine Coupe du monde. Toutes les autres ont des aspirations légitimes qui s’alimentent aux trois mamelles que sont la durée au hit-parade du foot, la tradition et la compétence des hommes chargés de l’intendance.
Le socle de la notoriété au football est là. Ces grandes nations qui font peur ont tablé sur la durée et sur le sérieux du travail pour établir ce que tous les révolutionnaires du monde ont appelé un « rapport de forces ». Ne cherchez pas ailleurs d’où viennent la morgue des Brésiliens, la hargne des Anglais, le m’as-tu-vu des Argentins, la « gueule » des Français : ils sont convaincus qu’ils sont nettement meilleurs que leurs adversaires, et ils peuvent donner des preuves.
La timide apparition des Lions sur la scène mondiale en 1982 n’a pas donné le branle à un sérieux mouvement de conquête et de colonisation. À peine arrivés que nous disparaissions pour ne réapparaître que beaucoup plus tard, à la faveur de quelques coups de génie d’une de nos valeurs vieillissantes. Cette année 1990, peu importe la joie et la fierté qu’elle a apportées à un peuple assommé par des difficultés économiques terribles, a été un véritable guêpier. Le résultat inespéré réalisé par les Lions a eu le malheur de donner à penser que le travail, l’investissement, la préparation, le sérieux dans l’effort n’étaient rien. Du jour au lendemain, aiguillonnés par les vivats venant des quatre coins du monde, les Camerounais ont placé sur un sublime autel la paresse et l’incompétence. À quoi servait-il donc de travailler, de planter, de semer, si on pouvait récolter sans rien faire ? Cette année a été, je le crois toujours, une calamité pour le football camerounais et explique en partie la recherche de la facilité à laquelle nous nous livrons en permanence.
Mais nous n’avons pas compris car, les mains vides, nous continuons, toujours bercés par l’illusion de 1990, de croire que nous occupons une place légitime sur le front du football mondial. Hors la détermination et ce petit quelque chose de camerounais, nous n’avons pas grand’chose à offrir à la face du monde, que ce soit du côté de l’intendance ou du côté de la pratique active du football. Est-il donc si difficile de reconnaître que nous n’avons pas de lieux adéquats pour pratiquer le foot, que nous ne disposons pas d’hommes fiables à la tête de notre sport et que, oui, depuis au moins cinq ans, nous avons sur le terrain un joueur exceptionnel et au mieux deux ou trois joueurs compétents ? Et que, à l’horizon, ne pointe pas d’espoir convaincant ?
Alors, les Lions : moyens, très moyens, largement moyens ? Vous avez le choix. Ils sont peut-être, à votre avis, mieux que moyens. Je ne parie jamais contre des Camerounais dans une compétition parce que je crains toujours qu’ils trouvent des ressources insoupçonnées quelque part. Mais je vous rappelle que les Lions perdent tous leurs matchs importants depuis quelque temps, et que la défaite est une machine infernale qui s’autoalimente. Mais si par bonheur cette machine s’enrayait à terme, le surplomb de l’amateurisme, de la négligence et de la paresse au sommet du football camerounais finirait, je le pense, par ancrer solidement les Lions à l’étiage.
L’année 1990 nous a trompés. Lors de la Coupe du Monde le monde entier a découvert les Lions Indomptables de MILLA, OMAM, NKONO, KUNDE et tous les autres. De vrais lions qui jouaient avec leur coeur et l’amour pour la patrie. Malheureusement cet exploit nous est monté dans la tête et nous avons cru que tout pouvait arriver. C’est vrai qu’il y a eu 2 CAN remportées, mais ce ne sont que des CAN et rien d’autres. Au niveau mondial, malgré 2 poules faciles (1998 et 2002) nous avons été sortis dès le premier tour des 2 coupes du monde. Aujourd’hui ceux qui jouent pour les Lions Indomptables pensent que ce sont eux qui ont réalisé l’exploit de 1990. La solution est simple, donnons la sélection nationale à BELL et 0MAM, puis sanctionnons les joueurs qui ne respectent pas les lions indomptables. Avec BELL et OMAM, MILLA restera à sa place et n’importunera plus les entraîneurs nationaux. Autre solution, c’est d’écarter ETO’O. Voilà un joueur qui ne vit que pour Barcelone et qui ne respecte rien au sein de la nationale. Un coup je pars à la CAN, un coup je ne pars pas ; un coup je pars au Japon, un coup je ne pars pas. Finalement je pars après les menaces de mes dirigeants camerounais. Ce joueur, je pense qu’il ne doit plus jouer pour nous et vous verrez qu’ETO’O changera s’il était sûr de la décision du sélectionneur. N’ayons pas peur et osons et vous verrez que cela prendra une ampleur mondiale qui fera réfléchir ETO’O. Imaginons les unes des journaux du monde : "ETO’O n’est pas sélectionné par les entraîneurs camerounais, contrairement aux autres stars du Barça". Je vous assure qu’avec un tel titre ETO’O va se ressaisir et comprendra.
Heureusement qu’il y a encore dans la société camerounaise des gens comme Monsieur L. NDOKOTTI qui sont dotés de courage pour dire tout haut ce que d’autres pensent plus bas ou feignent de l’ignorer !
Il ne faut pas se leurer, beaucoup de camerounais n’aiment pas qu’on leur dise la vérité. Loin de moi toute intention de dire qu’ils affectionnent le mensonge. Ce qui est sûr, beaucoup apporteront la contradiction à cet article, digne à mon avis d’un véritable patriotisme. Oui, car le patriotisme veut aussi que la vérité soit dite à celui ou ceux qui la méritent, c’est-à-dire les gouvernants, j’allais dire ceux qui sont en charge de la gestion de la chose publique, du bien commun, afin de les aider à ouvrir grand les yeux et à leur faire prendre du piment ou du javel nettoyant. Cela peut forcément aider à rectifier le tir. A moins qu’on refuse de changer. Comme des vlgaires imbéciles.
Finie donc l’époque où dire la vérité dans ce pays vous conduisait systématiquement dans un lieu de torture ou de mort. Voilà qui devrait donner à réfléchir à un certain journaliste émérite de Canal 2 international ARB qui, répondant à un téléspectateur de Côte d’ivoire le 22 juillet dernier, date du double scrutin législatif et municipal au Cameroun, qui s’inquiétait de la situation du pont sur le Wouri, s’était étrangement illustré comme l’avocat défenseur du régime RDPC au pouvoir, en réfutant l’étude de comparaison entre la ville d’Abidjan qui a deux ponts sur la Lagune ébrié (les travaux du troisième étant stoppés par la guerre)et la villle de Douala qui n’en compte qu’un, d’ailleurs agonisant sous le poids de l’âge, pourtant les deux pays se valent du point de vue de la richesse. Ce journaliste avait dit qu’il sait comment la Côte d’ivoire avait fait pour avoir ses trois ponts dans la ville d’Abidjan ! Soit ! Je lui recommande de proposer la recette à qui de droit afin qu’un seul pont soit construit sur le fleuve Wouri. Quelle honte il y a-t-il à copier ce qui est bon chez le voisin ? Sincèrement ! En refusant de le faire, il y a des risques de se faire aveugler éternellement par des résultats providentiels d’antan, et de finir la course dans un fossé. Si vous n’y êtes pas encore.
Le "pays des grandes ambitions", contenu dans cet article, c’est rechercher pendant un siècle un entraîneur qui arrivera après le départ des joueurs à la retraite, pourtant le pays en compte. Tout cela parce qu’on cherche celui qui, d’une part acceptera de passer à la caisse chaque fin du mois verser les 50% à la solde des individus obscurs, et d’autre part, fera venir en sélection sans condition le neveu, le frère, le fils ou le cousin d’un "haut placé".
Sous d’autres cieux, cet article ressusciterait la conscience collective chez les dirigeants du football camerounais et les mettrait individuellement au travail. Le peuple camerounais lui, resterait à sa place d’observateur, bâton solidement en main, prêt à demander des comptes ! Hélas, mille fois hélas...
Le problème, mon frère Anselme, ne se situe pas au seul niveau de Samuel Eto’o. Comparé à ceux que Dieu avait choisis pour porter haut le drapeau camerounais dans les stades africains et mondiaux de 1982 à 1990 (vous suivez mon regard ?), aujourd’hui complices confirmés le jour et la nuit de la mort par pendaison du football camerounais, même le dernier des aveugles verrait le coupable. De Monsieur Joseph Antoine Bell à Monsieur Albert Roger Milla en passant par Théophile Abéga et consorts, qui ne dispose-t-il pas d’un bon stock d’influence et d’outils pour frapper du poing sur la table devant n’importe qui ? Les uns occupent des postes "d’ambassadeur itinérant" (à la présidence de la république s’il vous plaît), d’autres s’occupent de leurs affaires, d’autres se sont reconvertis dans la politique, et avec les dernières élections législatives et municipales vigoureusement vomies par la Communauté internationale, viennent de se faire réélire "Maire", d’autres meurent de faim dans leur village avec femme et enfants à côté. Même ceux qui n’arrivent pas à faire monter AS BABIMBI, le club de leur village en première division pour des raisons que j’ignore aspirent à s’installer dans le fauteuil de Sélectionneur/Entraîneur de l’équipe nationale. Ils se mettent tous les bâtons dans les roues. Tout est mélangé.
En clair, le maçon est à la place de l’ingénieur agronome, le peuple meurt da faim. Le mécanicien est à la place du maçon, la fondation de la maison s’effondre. Le charpentier est à la place de l’électricien, le pays est dans le noir. Le planteur est à la place du pilote, il y a crasch d’avion. Le plombier est à la place du medécin, les malades meurent dans les hôpitaux. Le commerçant est à la place du professeur, l’école se meurt. L’intellectuel est à la tête du pays, le peuple regrette l’illetré qui l’y a installé avant d’aller se reposer en paix à Dakar, loin de chez lui. Vous voulez quoi !