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CAN 2006
Lions Indomptables : La dure réalité du pénalty
4 matches, 3 victoires, un nul, 8 buts marqués, 2 encaissés et une élimination....

Après le passage de la bourrasque qui a suivi la sortie prématurée des Lions en quart de finale devant les Éléphants ivoiriens, il convient d’avoir une autre grille de lisibilité de ce match loin de l’esprit de critique et du fanatisme maladif. Braquer les projecteurs uniquement sur les erreurs du coaching et la prestation des joueurs en faisant fi d’un système étudié et mis sur pied par les ivoiriens pour contrecarrer la fougue des Lions est d’une paralysie de pensée.

Camfoot.com | lundi 13 février 2006 Agrandir la grosseur du texte | Diminuer la grosseur du texte | | | Version imprimable de cet article

Disons-le d’entrée sans risque de se voir hué et conspué.. Le Cameroun a présenté lors de cette CAN un football beaucoup plus attrayant et plaisant. N’en déplaise ! Ils sont nombreux à se mordre les doigts de dépit au moment où cette équipe, les armes entre les mains tombait devant une côte d’ivoire qui jouait très regroupée en arrière. La finalité c’est le résultat me dira-t-on ! Il est là. Incontestable. Mais à quel prix ?

À l’entame du match, côté ivoirien, les consignes prennent forme dans les faits par la multiplication des gestes d’anti-jeu. Eto’o, à plusieurs reprises essuie les foudres des "pattes d’éléphants", Wébo, "l’homme d’Abidjan" est mis hors d’état de nuire. On comprend ! "Le système anti Cameroun" fruit de l’effort tenace de Henri Michel et compagnie pour enfin venir à bout de ce Cameroun est en branle. Annihiler tous les assauts camerounais en corsant le milieu du terrain, fermer les ailes, créer le surnombre en défense, laisser un seul attaquant de pointe, procéder par contre, commettre des fautes sur le porteur de la balle, simuler des fautes au moindre contact avec l’adversaire, perdre le temps dans le but d’aboutir aux tirs aux buts, telles sont quelques composantes d’un "remède" qui, malgré son "efficacité" a failli coûter à son fabricant son brevet de fabrication. Et les nôtres alors ?

On regrettera certes le fait que nos lions n’aient pas vite compris que les éléphants n’étaient pas là pour développer un jeu digne de la "meilleure équipe africaine du moment" - pour paraphraser des collègues français camerounophobes -. Ils se sont laissés embourber dans ce jeu haché et lent qui ne profitait qu’aux ivoiriens confinés dans les rôles de sauveurs de meubles en espérant les tirs aux buts. Notons aussi pour regretter le manque de percussion de notre attaque suite à la non-titularisation de "Douala" dont la seule évocation du nom donne des sueurs froides à Arthur Boka qui a tout de même passé des moments difficiles avec l’intenable Ngom Komé. Mais.. Il n’y a pas eu que ça !

Depuis les matchs du premier tour, le Cameroun a marqué des buts, chose qui était devenue rarissime. On aura beau dire que c’était contre des équipes de "seconde zone" tout de même qualifiées pour le mondial, il reste qu’un Cameroun peinant devant la Lybie, le Soudan lors des éliminatoires n’avait plus rien à voir avec le Cameroun de la CAN. C’est du positif à ajouter au crédit de Artur Jorge et non à interpréter par une Etodépendance critiquable. Lorsque le Cameroun encaisse un but à l’entame de la seconde manche des prolongations contre la Côte d’ivoire, la réaction se fait de la plus belle. Une frappe de Njitap Geremi sur la traverse, puis une minute après égalisation de Meyong Zé. C’est aussi cela la marque d’une grande équipe.

Cette autre sortie des quarts de finale de la CAN est une pilule amère. La seule chose pouvant l’édulcorer est la bonne impression laissée par certains joueurs qui, longtemps confinés dans les rôles de remplaçants de luxe, ont prouvé qu’on pouvait compter sur eux. Aussi, faut-il noter la naissance d’un nouveau groupe qui nous permet de scruter les échéances futures avec espoir. En Tunisie, les Lions sont tombés en quart de finale, on s’est dit que le réveil était pour bientôt. Deux ans après, au même niveau de la compétition, les lions tombent à nouveau. Le réveil n’est possible que si le chienlit qui semble régner en maître absolu dans la maison des lions indomptables, ouvrant le boulevard aux pratiques les plus mafieuses et aux frasques de tout acabit cède enfin la place à une gestion saine et transparente. Si les lions -comme nous aimons à rabâcher- "gagnent avec le désordre" force est donc de constater que cela dure quelques années qu’ils n’ont plus rien gagné, pourtant, leur force "le désordre" est toujours de mise. Que faire donc !!

Moustapha NSANGOU, Le Caire






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