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Dossier
La pomme de discorde
Le contrat Puma - Fecafoot/Minjes

DOUALA, 18 mai - Le débat est aujourd’hui porté sur les soupçons de connexions financières qui pourraient expliquer l’entêtement des autorités camerounaises à faire jouer les Lions avec une tenue "interdite". Nous sommes allés dénicher pour vous les contours financiers d’un contrat muet.

Camfoot.com | mardi 18 mai 2004
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Depuis le 16 avril le cour de tout un pays bat au rythme effréné de l’actualité footballistique.

Primo, la sanction de la commission de discipline de la Fifa infligeant au Cameroun une déduction de six (06) points avant même que ne commence les prochaines éliminatoires couplées Mondial/Can 2006, avec en sus une amende de 200 000 F Suisse (environ 80 millions Fcfa). La sanction est confirmée en instance de recours le 12 mai dernier à la grande consternation des Camerounais et de tous les milliers de supporters que les Lions indomptables comptent dans le monde.

Secundo, il y l’arrêt du processus électoral à la Fécafoot marqué par le report de l’assemblée générale élective qui devrait conduire au renouvellement des instances dirigeantes de cette institution en charge de la gestion du football camerounais. Décidé souverainement par la Présidence de la République.

Tercio, il y a la mise sur pied de la Commission de relecture préalablement des statuts qui s’est muée par arrêté du ministre de la Jeunesse et des Sports du 8 mai dernier à tous les textes de la Fécafoot.

Dans l’expectative, on attend impatiemment dans l’imagerie populaire que le soupçon du rouleau compresseur qu’on ourdit contre le bureau sortant se déroule complètement avec la mise en état de la commission d’enquête annoncée à la suite du remaniement ministériel du 23 avril dernier dans un communiqué du Secrétaire général de la Présidence de la République.

Des velléités qui cachent mal, la volonté de botter en train le bureau sortant que conduit Iya Mohammed. Curieusement, on ne parlera pas de l’état de service de cette équipe qui a présidé aux destinées de la Fécafoot depuis 2000. Certes, pas avec bonheur, mais au moins on ne saurait leur dénier une ouvre et une ambition certaine d’améliorer la gestion de cette institution qui auparavant était dans la rue pratiquement, comme aiment à le dire les membres de cette équipe. Encore moins on ne parle de leur crime. Si oui cette décision scabreuse et dictatoriale de la Fifa de faire disputer le Cameroun les éliminatoires qui démarrent le 4 juin prochain avec un handicap de six (06) points. Compromettant gravement les chances de qualification des Lions Indomptables à la phase finale de la plus prestigieuse compétition mondiale. Pour une affaire sordide de port du maillot Uniqt (en une pièce) au-delà du premier tour.

S’il est vrai que la Fifa avait mis en garde les autorités sportives camerounaises, il est aussi vrai qu’après avoir manifesté la bonne volonté de changer ce maillot à polémique après le premier tour, la Fifa a été saisie de ce que l’équipementier éprouvait la difficulté de fournir les Lions indomptables d’une tenue dissociée dans les délais. Ce qui a valu au Cameroun une clémence comme en témoigne cette correspondance du secrétaire général de la Caf, Mustapha Fahmy à son homologue de la Fifa Urs Linsi. Le 27 janvier dernier. Il va sans dire que la Fifa est allé au-delà de ce que ces textes prévoient. Ce qui pourrait laisser fortement voir la connexion et l’influence de ces équipementiers privilégiés que sont Addidas et Nike. Les deux marques d’ailleurs ont été choisies disputer le match (France - Brésil) du centenaire de cette institution faîtière du football mondial.

Ce qui tait la chasse aux sorcières qui voudrait qu’on recherche les responsabilités de cette sanction à la tête du client au sein des autorités sportives ayant eu le charge de conduire la délégation camerounaise à la Can 2004. Pour preuve, en parcourant les textes, on constate que les articles 51 & 52 de la Commission de discipline classifient en son paragraphe 2 les fautes en deux catégories à savoir les fautes mineures et les fautes graves. Et l’article 74 de la Cdf classe les violations des lois du jeu dans la catégorie des fautes mineures. Et précise que la seule sanction pour une faute mineure est une amende. Et l’article 53 de la Cdf fixe le montant maximum de l’amende à une équipe pour inconduite à 15 000 Suisse (Environ 6 millions Fcfa). Par ailleurs l’article 152 de la Cdf stipule qu’un "club peut se voir réduire le nombre de points obtenus que dans un championnat en cours".

Devant ces arguments, il est constant que la sanction consistant en la déduction des points ne pouvait pas être appliquée dans la situation. Des arguments massues qui ont constitué la défense camerounaise, mais devant lesquels la commission de recours a fait fi.

Les dessous financiers

Fort curieusement, il se trouve encore des chercheurs de poux sur des crânes chauves pour demander que l’on fasse payer cette ivresse de la Fifa à quelques autorités sportives que se soient. Une incurie, puisque les enquêtes réclamées sur ceux qui auraient servi les intérêts supposés souterrains dans cette affaire de maillots. Comme si nous ignorions que la Fédération camerounaise de football est liée par un contrat en bonne et due forme avec ses partenaires ! Ceux-ci révèlent que l’équipe de Iya a signé en début d’année 2001 des contrats avec Icm pour la négociation des matches amicaux (rompus depuis un an) ; Sports + pour la régie exclusive des droits de marketing et d’exploitation audiovisuelle et Puma pour être l’équipementier officiel des équipes nationales de football pour une durée de six (06) ans. Pour une retombée globale de plus de 4,3 milliards Fcfa que le Cameroun engrange. Cette rondelette somme est ainsi repartie :

- Puma y contribuera de manière forfaitaire à hauteur de  : 1,1 milliard Fcfa. Soit en 2001 : 130 millions Fcfa ; 2002 : 200 millions Fcfa ; 2003 : 150 millions Fcfa ; 2004 : 160 millions Fcfa ; 2005 : 170 millions Fcfa et en 2006 : 200 millions Fcfa. Uniquement pour la sélection senior.

En outre, l’équipementier s’est engagé à verser pendant cette période pour les Can et les Jeux Olympiques 30 millions Fcfa pour chacune des qualifications ; 30 millions Fcfa pour le passage en 1/4 de finale ; 40 millions Fcfa pour le passage en 1/2 finale ; 52,5 millions Fcfa pour la place de finaliste et 75 millions Fcfa en cas de victoire finale. Ce qui voudrait dire que les Lions et les responsables directs de la cellule administrative provisoires du Minjes se sont partagés en la Can 2002, 197,5 millions Fcfa et à la Can 2004, seulement 60 millions Fcfa. On s’imagine ce que la non-qualification pour les JO a fait perdre à tout ce beau monde.

Pour la Coupe du monde, l’équipementier verse 45 millions Fcfa de primes de qualification aux joueurs, 45 millions Fcfa pour avoir atteint les 1/8è de finale ; 105 millions Fcfa pour le cap des 1/4 de finale ; 150 millions Fcfa pour le cap des 1/2 finale et 225 millions Fcfa pour la place de finaliste et 375 millions Fcfa en cas de victoire finale. Ce qui ferait la somme de 945 millions Fcfa que se partage joueurs et encadreurs. C’est dire que lors de la coupe du monde 2002, les Lions n’auront reçu que 45 millions Fcfa pour une perte sèche de un peu plus de 900 millions Fcfa. Ce que les Lions rateraient en cas de non-qualification au mondial 2006.

Pour la Coupe des Confédérations de France, Puma a honoré ses engagements en versant 120 millions Fcfa aux Lions sur les 195 millions Fcfa prévus en cas de victoire finale. Soit 30 millions Fcfa pour la qualification ; 10 millions Fcfa pour le passage au second tour ; 30 millions Fcfa pour le cap des 1/2 finales, 50 millions Fcfa pour la place de finaliste et 75 millions en cas de victoire finale. En plus des équipements que Puma offre à toutes les équipes nationales.

- Sport plus pour sa part s’est engagé à verser un minimum garanti annuel de 250 millions Fcfa, 300 millions Fcfa en 2002 ; 400 millions Fcfa en 2003 ; 450 millions Fcfa en 2004 ; 500 millions Fcfa en 2005 et 550 millions Fcfa en 2006. Pour un total de 2, 450 milliards pendant toute la durée du contrat.

Précisons que ces retombées financières sont reparties conforment à l’article 14 de la convention Minjes - Fécafoot. Soit pour 55% au Minjes et 45 % à la Fécafoot pour les recettes venant de Puma et pour les celles venant de Sport Plus 25% au Trésor Public ; 10 % aux infrastructures, 5% aux joueurs et encadreurs et 60 % à la Fécafoot.

La prime à la signature a été de 187,5 millions Fcfa dans l’ensemble. Puma ayant versé 125 millions Fcfa et Sport plus 62,5 millions Fcfa. Il faudrait aussi ajouter la valeur ajoutée que verse Puma chaque année sur les maillots de Lions vendus dans le monde. Le maillot démembré des Lions à la Can et au mondial 2002 a rapporté ainsi un peu plus de 120 millions Fcfa.

A vos calculettes pour le jeu de huit erreurs. Au bout du compte, chacun décéléra sur ce que le Cameroun engrange de Puma et ce que les dirigeants de la Fécafoot et les responsables du Minjes auraient alors bénéficiés jusqu’ici dans les basses manœuvres et de ce qu’ils bénéficieront dans les mois à venir. Bon vent !

Mathieu N. Njog

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