Camfoot.com : Comment peut-on interpréter votre présence à ce tournoi de jeunes ?
JA Bell : C’est simplement un encouragement pour les jeunes mais surtout pour ceux qui s’occupent des jeunes. Je crois que personne n’est jamais devenu grand sans avoir été jeune, et ce qu’on est quand on est grand dépend beaucoup de ce qu’on a fait quand on était jeune. Les graines d’aujourd’hui sont les fruits de demain. Je crois que c’était franchement mon devoir d’accepter cette invitation du président Pascal Atangana de Semences Olympiques parce que c’est vrai je viens de Douala mais il y a des gens ici qui sont venus de Brazzaville. C’est surtout les organisateurs, les initiateurs d’un tel projet qui sont des gens à encourager. Je suis venu précisément pour qu’ils sachent qu’il y a des gens qui voient ce qu’ils font.
L’initiative du Président Pascal Atangana est très bonne, d’abord sur le plan de l’éducation des jeunes. Ils sont en vacances, on les fait jouer donc on s’occupe d’eux, ils ne s’ennuient pas pendant qu’ils sont là, ils ne font pas de bêtise pendant qu’ils sont là, surtout ils emmagasinent des souvenirs et ils apprennent à vivre en communauté et à respecter les règles et au-delà, certains parmi eux pourront devenir de bons footballeurs.

- Joseph Antoine Bell et le président Pascal Atangana (Semences Olympiques)
Camfoot.com : Un message à ces jeunes engagés dans le tournoi Semences Olympiques ?
JA Bell : Je pense qu’on ne peut pas comme ça envoyer des messages à des garçons qui n’ont rien demandé. S’ils étaient là, ils auraient posé leurs propres questions et à ce moment là, ce serait effectivement des réponses qui s’adressent à eux. Je n’ai pas de message à leur donner, juste une remarque, peut être qu’elle est trop philosophique mais ils l’a comprendront un jour. La jeunesse n’est pas un privilège, la jeunesse est un état, et un état suppose que ça passe. Ils sont jeunes aujourd’hui, demain ils seront moins jeunes, donc ils doivent profiter de leur jeunesse aujourd’hui pour faire certaines choses. Et pour faire surtout des choses qui leur assurent l’avenir. Je pense que ce message là s’ils peuvent l’entendre, s’ils peuvent comprendre que ce qu’ils font aujourd’hui rentre dans un registre à leur compte, ils auront déjà fait un grand pas dans la vie.
Camfoot.com : La solution pour notre football viendra-t-elle par des tournois comme celui-ci ?
JA Bell : Les camerounais sont un peu trop braqués sur leur problèmes et donc vous parlez toujours de solution.
Je vais vous poser une question, si notre football marchait bien, l’imaginez-vous dans ce bien là sans les jeunes ? Et si le football marchait bien, imaginez-vous que les aînés n’auraient pas le droit d’encadrer les jeunes ? Justement nous sommes là où sommes aujourd’hui simplement parce qu’il y a des gens sans niveau qui ont eu des fonctions et qui ont tué le football. Je peux dire au-delà du football qu’il y a d’autres domaines du Cameroun qui sont institués, quand on n’arrive pas à comprendre qu’il s’agit avant toute chose de s’occuper des jeunes, il ne s’agit pas d’abord de football, il s’agit d’encadrer et d’éduquer des jeunes. C’est ensuite que le football est un prétexte, et ceux qui sont les meilleurs parmi eux deviendront peut être footballeur. À mon sens, il n’est pas question de dire forcement à des jeunes de 8 ans, 12 ans qu’ils seront footballeurs. Ça peut être un rêve pour eux ; et les aînés sont là pour encadrer les rêves des jeunes. Ils ont de toute manière, au delà du plaisir, quand ils ont une grande âme, ils ont le devoir d’encadrer les jeunes que se soit à travers le foot ou à travers d’autres actions.
Camfoot.com : On vous fait le reproche de toujours critiquer, claironner sans jamais prêcher par l’exemple ?
JA Bell : (Excité) Je pense qu’ ils ont tellement prêché par l’exemple qu’ils sont arrivés où ils sont. C’est un peu ça le drame du Cameroun. C’est qu’à tous ceux qui ont de la compétence, on leur demande ce qu’ils ont fait avant et on a tendance à nier et a refouler ce qu’ils ont fait et ceux qui ne méritent rien du tout, qui n’ont rien fait, qui n’ont rien prouvé se retrouvent au devant de la scène et contribuent à tuer notre pays par leur incompétence.
Je leur pardonne parce qu’ils ne font pas exprès. Ils font ce qu’ils peuvent, malheureusement ce qu’ils peuvent n’est pas assez élevé et c’est là le problème.
On ne peut pas dire que Joseph Antoine Bell n’a pas prêché par l’exemple. Il n’ y a pas un type dans la fédération Camerounaise de football qui ait dix sélections à l’équipe nationale de football du Cameroun. Je dis dix et je le dis à haute voix. Que l’on me sorte les statistiques.
Ensuite, évidemment il y en pas un seul qui ait gagné un seul trophée avec l’équipe nationale, il y en a pas un seul qui nous ait représenté à une grande compétition. Sur un plan professionnel, je ne vais quand même pas et c’est là le drame avec le Cameroun, c’est que tous ceux qui ont de la valeur chez nous, on leur demande de parler d’eux mêmes. En France, personne ne me demanderait de répéter que j’ai 350 matches professionnels. Ils le savent et ils me respectent pour ça et ils savent qu’on n’est pas nombreux dans ce cas et au Cameroun je suis obligé devant les gens d’une incompétence prouvée de décliner mon identité, moi qui ait tout fait.
À ceux qui me demandent qui je suis et qu’est-ce que j’ai fait, je voudrais poser une question : que tous ceux qui sont à la fédération disent ce qu’ils ont fait pour mériter d’être là où ils sont, et pas Bell Joseph Antoine, pas d’autres footballeurs comme Jean Pierre Njemba où les Emmanuel Mvé, Ndoumbé Lea, tous ces vainqueurs de la Can ?
Mais je voudrais dire une chose, je ne suis pas naïf. Aujourd’hui, je ne me présente pas comme joueur ; c’est fini l’étape de joueur. Je me présente comme encadreur, comme dirigeant et à cela personne ne peut répondre que le fait d’avoir été un grand joueur est un handicap. Est-ce que d’avoir été à l’université est un handicap pour être recteur ? (Rires) C’est dramatique à dire, mais c’est ce que certains ignares essayent de faire passer comme message.
" Ah oui les grands joueurs ne sont ni les bons entraîneurs, ni des grands présidents " . On ne vous prend pas les exemples de ceux qui le sont. Et on oublie tous que personne n’a dit que pour avoir été un grand joueur, il serait un grand dirigeant, mais celui qui dit qu’il veut être un grand dirigeant a des états de services de joueur dirigeant, parce que nous savons tous que dans toutes les équipes du monde, on voit à l’avance qui peut être dirigeant. On le voit par leur comportement. Combien de fois le Cameroun a dû venir s’adresser à Joseph Antoine Bell qui n’était que joueur comme les autres ? On ne peut pas aujourd’hui venir demander ce qu’il a fait ? C’est une preuve qu’on ne sait pas.
(Cliquer sur le chiffre 2 pour la suite)

- Bell : "...que tous ceux qui sont à la fédération disent ce qu’ils ont fait pour mériter d’être là où ils sont..."


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